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Léa ChoueFéministe malgré elle

Rédaction : Jeanne BIARD,
Photo : Rémi BENOIT,
le 4 mars 2021
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À 27 ans, la Toulousaine Léa Choue rassemble 400 000 abonnés YouTube. Dans ses vidéos nourries d’expériences personnelles, elle brise les tabous de la masturbation, dépasse les complexes pileux ou éclaire la question du consentement.
Une démarche ouvertement féministe pour celle qui n’était pas destinée à l’être.

25 millions de vues cumulées sur sa chaîne YouTube, des morceaux de vie régulièrement exposés aux 65 000 abonnés de son compte Instagram et pourtant, Léa Choue a peur de la foule. Ne la cherchez donc pas dans les manifestations. Elle milite, mais à sa manière. En ligne, en vidéo, et avec ce ton léger qui rend accessible tous les sujets complexes ou propices aux préjugés.
Son objectif : transmettre aux néophytes ce qu’elle a eu tant de mal à comprendre.
Lorsqu’elle se lance sur YouTube, c’est pour y poster la même chose que la plupart des femmes présentes sur la plateforme : des tutos beauté. Mais ne trouvant pas l’exercice suffisamment épanouissant à son goût, elle décide d’oublier les cosmétiques pour parler sexualité. Les réactions ne se font pas attendre : « Il y a 7 ou 8 ans, personne ne parlait de sexualité sur les réseaux sociaux. C’était très choquant. J’ai un peu essuyé les plâtres… » Certains lui reprochent d’en faire trop. D’autres pas assez. Les critiques fusent. Les menaces de mort aussi. On lui reproche surtout de ne pas être qualifiée pour parler de son sujet. Léa reconnait avoir longtemps vécu à l’écart de ces débats, du fin fond de sa campagne gersoise. Tout ce qu’elle sait sur le sujet, elle l’a appris ou découvert par elle-même. « C’était un sujet très tabou dans ma famille », justifie-t-elle.

Sa prise de conscience coïncide avec son départ pour Paris où elle découvre avec effroi le harcèlement de rue. « Je pensais que les témoignages étaient exagérés. » S’engage dès lors un long travail de déconstruction jusqu’à son retour à Toulouse et cette agression dans le métro qui fait office de déclic. Dans le même temps, elle choisit de réintégrer la fac de psychologie. Là, elle met des mots et des concepts sur le sexisme, les luttes féministes. C’est la révélation. « Mes cours m’ont fait ouvrir les yeux sur des choses que je n’aurais jamais imaginé remettre en question. »
Peu à peu, elle construit sa vision du féminisme. « Pour l’égalité de tous. » Un féminisme qui veut d’abord changer la société avec, et non pas contre, les hommes. « La société patriarcale, il y a aussi des hommes qui ne s’y retrouvent pas, qui sont mal à l’aise. Le problème ce ne sont pas les hommes, c’est la société. » Pour autant, cela ne l’empêche pas de dénoncer ce qui ne va pas, même lorsque cela met à mal l’égo des hommes. « J’ai l’impression qu’on se bat pour des petites choses alors que dans le fond ce qu’on veut, c’est juste qu’il n’y ait plus de femmes battues ni maltraitées. »
Consciente de ne pas être arrivée au terme de son apprentissage, elle n’en a pas moins déjà tiré des enseignements. Celle de la patience d’abord, souvent mise à rude épreuve par les antiféministes.
« Je comprends que le cheminement soit difficile, je suis passée par là, mais je trouve assez ironique que des femmes puissent se dire antiféministes alors qu’elles peuvent voter, se déplacer. Autant de droits qu’elles doivent aux combats féministes ! » Elle retient surtout la nécessité de prendre le temps d’expliquer les choses, même si ses sujets se diversifient. Avec toujours le souci de n’exclure personne : « J’essaye vraiment de répondre aux questions qu’on va trouver stupides quand on est hyper pointu sur le sujet. Parce qu’il faut bien partir de quelque part. » Un travail qui semble porter ses fruits vu les nombreux témoignages d’abonnés la remerciant pour ces vidéos qui les aident à y voir plus clair.

www.instagram.com/leachouee/

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