Conversation

Gérard HuetArchi d’ici

le 2 avril 2021 Temps de lecture : 15 min.
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Cité de l’Espace, usine Clément Ader, usine d’assemblage de l’A380, aéroport Toulouse-Blagnac, hôpital Riquet, Oncopole, Stadium version coupe du monde 98… en 40 ans, avec son associé et copain de promo de l’Ensat Francis Cardete, Gérard Huet a contribué à façonner le visage actuel de Toulouse, hissant l’agence du duo dans le top 10 national. Le tout sans jamais abandonner sa ville natale, quitte à manquer quelques grands projets qui ne se gagnent qu’à Paris. Boudu ne pouvait passer à côté d’une conversation avec cet archi d’ici qui croit aux vertus de la province et aux forces de l’esprit. Un entretien tissé de considérations éclairantes sur les réalités de l’architecture d’aujourd’hui, et de quelques bribes d’une aventure toulousaine qui commence dans le désert de l’Arizona et s’achève à l’hôpital de Mamoudzou.

Gérard Huet, depuis que confinements et couvre-feux nous assignent à résidence, on redécouvre l’importance de l’architecture dans nos vies. C’est une bonne nouvelle pour les archis, non ?
Je ne crois pas que nous allions vers des temps favorables aux architectes. En période de crise et de budgets serrés, la priorité est donnée à l’efficience. L’architecte est considéré comme superflu, et l’empathie générale qui est la raison d’être de son travail est largement malmenée.

L’économie aura-t-elle raison de lui ?
On n’échappe pas au rationalisme économique. Le besoin de logements est immense, et il faut y répondre en composant avec le contexte économique. Le prix de sortie d’un logement résulte du champ de la finance qui est incompressible, et du prix de la construction qui est toujours étiré. Le seul moyen de faire des économies, c’est de supprimer ce dont on peut se passer (en apparence !), c’est-à-dire de l’écriture architecturale. On abandonne donc cette écriture architecturale, qui a un minimum de courtoisie vis-à-vis de son environnement, au profit du simple ornement. En clair, on fait des murs avec des trous.

L’architecture, c’est votre truc depuis toujours ?
J’ai toujours voulu être architecte. Et j’étais très impatient de le devenir. J’ai arrêté mes études après le brevet des collèges pour intégrer les Beaux-Arts. Je pensais que cela me permettrait d’entrer plus vite. Mais les Beaux-Arts préparent au métier de collaborateur d’architecte, pas à celui d’architecte. J’y suis finalement arrivé parce que mes parents étaient très ouverts. Mon père m’a fait confiance, et puis il avait un plan B pour moi : un copain de l’armée, boucher à Nègrepelisse chez qui je travaillais l’été. Il me disait : « Si tu te plantes, tu pourras toujours devenir garçon-boucher. »

Gérard Huet Auch 1978,1

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