Enquête

Célibataires Covid : un an de solitude

Rédaction : Agnès BARBER,
le 4 mai 2021 Temps de lecture : 10 min.
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Rues désertes après 19 h, bars fermés, couvre-feu et soirées télé imposées : il ne fait pas bon être célibataire en temps de Covid. Un an de solitude ? Pas forcément ! Les célib’ en quête de rencontres s’organisent et trouvent des stratégies pour que leur vie sentimentale ne s’apparente pas à la steppe mongole.

A l’ère pandémique, la distanciation sociale, les confinements, et le couvre-feu constituent un terreau idéal pour faire germer toutes les tensions, comme en atteste la hausse significative des violences conjugales, mais aussi toutes les frustrations. En particulier chez les célibataires qui « subissent de plein fouet cette période de restrictions et sont particulièrement en souffrance », observe Gérard Neyrand, sociologue de la famille et du couple, professeur émérite à l’Université de Toulouse et auteur de Faire couple, une entreprise incertaine, (éd. Éres), qui développe : « Les lieux de sociabilité traditionnels (bars, restaurants, entreprises…) n’existant presque plus, les rencontres se sont déportées dans le champ virtuel ». De nombreux célibataires se sont donc tournés vers les sites de rencontres, qu’ils soient généralistes comme le fameux Meetic ou bien dits « de niches », où l’on peut se mettre en quête de l’âme sœur en fonction de ses goûts, de ses intérêts, et même de sa religion. Avec des fortunes diverses.

Se rencontrer « en vrai »
Si Geneviève 53 ans, prof d’histoire-géo en Corse, file toujours le parfait amour avec Gilles, viticulteur dans l’Hérault rencontré en plein confinement grâce au site DisonsDemain « réservé aux jeunes de plus de 50 ans », ces sites ne sont pas des machines à fabriquer du bonheur comme le souligne Gérard Neyrand : « Ils ont des effets contradictoires : certes ils facilitent la rencontre mais en même temps ils véhiculent l’idée qu’il peut exister une personne mieux, qui pourrait correspondre davantage. » C’est le côté « catalogue Ikéa », dénoncé par Bertrand, 55 ans prof de techno dans les Landes. L’ex-toulousain, qui fut marié pendant quinze ans (et séparé depuis douze), est un habitué des sites de rencontres : du convivial et faussement innocent site « AmieZ » dont le concept est basé sur le partage de sorties (virées en groupe à l’entrecôte, sorties rafting et1

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