Interview

Christian AuthierQuinca requinqué

Photo : Matthieu SARTRE,
Rédaction : Sébastien VAISSIÈRE,
le 3 juin 2021 Temps de lecture : 3 min.
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Dans Demi-siècle, paru le 5 mai chez Flammarion, Christian Authier enchaîne les exercices de détestation (aux dépens d’Emmanuel Todd, des communicants, des cyclistes de la rue d’Alsace) et d’admiration (au profit de Bernard Maris, de Bill Murray, Jean-Marc Roberts). Le tout dans un récit qui soigne les tourments de la cinquantaine avec les remèdes habituels du romancier toulousain : le vin, les restos, les copains, le foot, les livres et l’amour.

Vous publiez Demi-siècle un an après avoir préfacé la nouvelle édition de Monsieur Jadis (La Table Ronde), ce grand texte d’Antoine Blondin en forme de premier bilan de l’existence écrit à 48 ans. Demi-siècle, c’est votre Monsieur Jadis ?
Je suis moins désespéré que Blondin. Moins alcoolisé aussi, dieu merci. Monsieur Jadis est un livre sublime dont on perçoit d’autant mieux la perfection aujourd’hui que le folklore lié aux frasques de Blondin a presque disparu. Il ne reste désormais que le texte. Et quel texte ! Les premières pages sont parmi celles que je préfère dans la littérature française. J’y retrouve tout ce que j’aime : la drôlerie, la légèreté, la mélancolie, le désenchantement.

Sans être désespéré, votre personnage (qui vous ressemble beaucoup) est tout de même un peu paumé dans son époque.
Il ne me ressemble pas tant que ça. Il est divorcé, père d’un enfant, il travaille dans un grand journal parisien et a derrière lui une longue carrière de nègre littéraire. Et s’il est paumé, c’est aussi le cas de tous ceux qui l’entourent au moment où se déroule le livre : on est entre les attentats de 2015 et la présidentielle de 2017. Un moment où personne ne sait vraiment où il habite. Pour tenir, il se rabat sur l’intime, ses vieux copains, le cinéma, son fils, l’ivresse, les restaurants. Et sur l’amour surtout, puisqu’une rencontre va le sortir de sa condition. Je voulais faire de ce livre une histoire d’amour, prendre le temps de décrire l’existence de chacun et les voir fusionner à l’âge de la dernière chance.

Le livre s’achève sur une révélation touchante de ce qui vous pousse à écrire. En gros : amuser les vivants et rendre hommage aux morts.
C’est un peu ma profession de foi. Et d’ailleurs,1

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