Interview

Arnaud Saura-ZieglemeyerAntique bordel sonore

Rédaction : Perrine DEBACKER,
Photo : Rémi BENOIT,
le 3 juin 2021 Temps de lecture : 4 min.
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Si l’on sait, grâce aux archéologues, à quoi ressemblaient les cités antiques, on imagine mal le genre de musique qu’on pouvait y entendre. C’est précisément le propos de la musico-archéologie, une discipline qui étudie les instruments de musique et leurs usages, et dont Arnaud Saura-Zieglemeyer, directeur des études à l’Institut catholique de Toulouse, est un éminent spécialiste.

Comment se retrouve-t-on à étudier à la fois l’Histoire et la musique ?
Je suis violoniste. Quand je suis entré en licence d’Histoire à l'université Jean Jaurès, je jouais en parallèle au Conservatoire. Et j'ai choisi, pour ma thèse, de lier Histoire et musique. Deux passions pour le prix d'une !

Que nous révèle de l’Antiquité la  musico-archéologie ?
Tout le monde aime l'Histoire de l'art. Ses statues, ses mosaïques, son côté visuel. Mais quand on visite un chantier archéologique comme Pompéi, on oublie que ces cités étaient de vrais bordels sonores. C'est perceptible dans les sources littéraires, mais ça a été mis de côté. L'intérêt est apparu en 1814 avec la découverte des Hymnes d'Apollon à Delphes, que les chercheurs ont essayé de traduire en partition. Mais il manquait un aspect pratique, un instrument qu’on puisse entendre. C'est là que l'archéologie expérimentale, prisée par les Anglo-saxons, s'est développée.

Quelle place la musique occupait-elle dans l'Antiquité ?
Une place très importante mais pas toujours identique. Pour chaque instrument, on essaie de déterminer son usage : comment ça fonctionne, qui le manipule, s'il appartient au contexte religieux ou domestique. Dans l'Antiquité, le double aulos (instrument à vent) par exemple, est souvent représenté près d'un autel. La musique prend alors une fonction de protection. Elle éloigne les mauvais esprits.

Boudu 58 Arnaud Saura-Zieglemeyer

Est-il difficile de reconstituer l’usage d’un instrument de musique ?
Avec les 50 papyrus dont on dispose pour toute la période, il est difficile de reconstituer une partition. Ces notations musicales manquent d'informations comme le tempo, les nuances ou l'accompagnement... En plus, des instruments fragiles comme l’aulos ou la lyre ne sont plus que des fragments éparpillés en une centaine de morceaux. Pour ma thèse, j'ai choisi d’étudier le sistre,1

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