Interview

Frédéric Arrou : Ce qui restera d'AZF

Rédaction : Jean COUDERC,
le 4 septembre 2021 Temps de lecture : 5 min.
Partager : TwitterFacebookMail

20 ans après AZF, les souvenirs particuliers font peu à peu place à la mémoire collective. C’est le moment qu’à choisi Frédéric Arrou, emblématique porte-parole des sinistrés d’AZF, pour écrire sa contribution dans un livre qui clôt un pan de sa vie personnelle, et tourne une page de l’histoire de la ville.

Frédéric Arrou, Pourquoi publier ce récit personnel ?
Pour laisser ma modeste part de témoignage, même si elle est anecdotique à côté du destin des 31 familles endeuillées et des milliers de blessés.

Qui était Frédéric Arrou avant qu’AZF n’explose ?
Un insurgé du canapé. Un raisonneur. Tout sauf un activiste. Au fond, j’étais prêt à agir mais je n’avais pas trouvé la cause. Je rouméguais après tout et n’importe quoi, mais dans le vide. J’allais pourtant à toutes les manifs. S’il fallait occuper la DDAS je le faisais. Je travaillais dans le social, je formais les travailleurs sociaux. Un boulot merveilleux avec des collègues agréables. Une situation de patachon. Sans le 21 septembre, j’y serais peut-être encore.

Et le 21 septembre à 10H17 ?
Je suis devenu membre actif face à cette explosion. L’incidence sur ma vie a été immédiate. Je suis passé du constat à la colère et de la colère à l’action. Quand j’ai appris que Total était derrière, et réalisé que c’était non seulement une explosion, mais une catastrophe, j’ai trouvé ma cible.

Quelle différence entre explosion et catastrophe ?
L’ampleur. Je suis sorti de la ville une semaine après. Jusqu’alors je n’avais vu qu’autour de chez moi, ma maison, mon jardin. C’est comme ça que j’ai compris. Empalot à bâbord, depuis la rocade. Et le site à tribord.

Faut-il avoir vu pour comprendre ?
On a beaucoup critiqué les Toulousains qui venaient voir le site, comme au spectacle. Pourtant c’était nécessaire. J’ai vu Oradour-sur-Glane. J’ai vu Hiroshima, et j’ai la conviction qu’on a besoin de voir pour comprendre. On parle sans cesse de devoir de mémoire… il faut accepter qu’il se conscientise par la confrontation visuelle avec la réalité.

En réagissant à la situation d’urgence du 21 septembre, imaginiez-vous que vous1

La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus de Boudu en illimité.
Ou achetez directement le magazine en version pdf

À lire aussi dans ce numéro

Analyse -

AZF des lettres qui ne s’oublient pas

Alors que l’on s’apprête à commémorer le 20e anniversaire de l’explosion de l’usine AZF, le moment est venu de s’interroger sur la place que ce dramatique évènement occupe désormais dans...

> Lire l'article <
Boudu n°60 AZF
L'addition -

Elsa GiraudL'amie Corée

La cuisine aiguise depuis toujours l’intérêt d’Elsa Giraud qui, petite, observait sa grand-mère s’affairer aux fourneaux dans l’auberge familiale...

> Lire l'article <
BOUDU 60 AZF Elsa Giraud
Format court -

AZF : 16 à côtés méconnus

L’explosion de l’usine AZF et ses conséquences dramatiques ont légitimement relégué au rang d’anecdote les récits que voici...

> Lire l'article <
Boudu n°60 AZF