Portrait

Maître Ludovic RivièreAvocat sauce piquante

Rédaction : Valérie LASSUS,
Photo : Alain PITTON,
le 4 septembre 2021 Temps de lecture : 9 min.
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Maître Ludovic Rivière veut sauver des enfants français. Pas n’importe lesquels. Ceux des djihadistes partis combattre auprès de l’État islamique en Syrie, ceux dont la France ne veut plus. Le 30 mars, en compagnie d’une consœur et d’un confrère, l’avocat toulousain a appelé la procureure de la Cour pénale internationale à ouvrir une enquête pour « complicité de crimes de guerre » contre Emmanuel Macron. Rien que ça.

La décoration ethnique du sobre bureau de l'avocat donne le ton, Maître Ludovic Rivière aime les voyages qui satisfont sa curiosité des autres cultures. Né il y a 50 ans en Seine-et-Marne, il vit à Toulouse avec ses deux enfants et plaide un peu partout en France. Nerveux, il tire sur une cigarette électronique tout en massacrant son chewing-gum. Il tape un texto, nous donne la réplique et : « Pas de photos aujourd'hui, hein ? lance-t-il en vérifiant sa pochette, j’ai l'air d'un sac ». Ce qui est faux, mais inutile d'argumenter. Nous étions prévenus : « Ludo, c’est quelqu'un qui peut vous lancer un cordial “salut !” ou tout simplement ne pas vous calculer, laissant une désagréable impression de mépris. » Vu son accueil, il faut croire que nous avons eu droit au bon côté de la médaille. Il sait ce qui se dit des avocats qui aiment les médias pour se faire mousser ou avancer leur carrière.
« Si j'accepte ce portrait, c'est pour servir la cause, pas l'ego », assume-t-il. La cause, c’est celle des enfants enfermés avec leurs mères dans des camps au nord de la Syrie que des avocats français épaulés par l'association Avocats sans frontières tentent de faire rentrer en France. Les femmes sont pourtant toutes sous le coup d'un mandat d'arrêt international d'un juge antiterroriste français. Depuis bientôt trois ans, plus de 200 enfants français, 600 européens (pour la plupart âgés de moins de 6 ans) sont prisonniers dans les camps du Rojava contrôlés par les Kurdes, dans des conditions dramatiques décrites par les observateurs et ONG qui ont pu se rendre sur place.
Des collègues interrogés ne sont pas étonnés de ce combat. Jean-Marc Lacoste, de l'Union des Jeunes Avocats, parle d'un « homme rigoureux, très engagé pour les Droits de l'Homme ». L’avocate Claire Dujardin qui l'a connu1

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