Récit

FMRPas si No Future que ça

Rédaction : Jean COUDERC,
Photo : Rémi BENOIT,
le 5 novembre 2021 Temps de lecture : 15 min.
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Il y a pile 40 ans, une bande de jeunes Toulousains insouciants et déterminés à foutre le bordel créaient, dans le sillage de l’ouverture des ondes souhaitée par François Mitterrand, FMR. Première radio libre estampillée punk à émettre dans la Ville rose, elle y fit souffler un vent de fraîcheur et de liberté dont les plus de 40 ans se souviennent encore. À quelques heures de souffler les bougies au Bikini, Boudu s’est plongé dans l’album à souvenirs pour mesurer l’ampleur du phénomène FMR.

C'est une bande de jeunes comme Toulouse en compte des dizaines à cette époque-là. Sinon que celle-ci veut profiter de l’élection surprise du candidat socialiste François Mitterrand à la présidence de la République pour prendre la parole. Comment ? En créant une radio. L’acte fondateur est posé au bar des Deux Ânes (ex Café Populaire, ndlr) rue de la Colombette, où une vingtaine d’énergumènes venus d’horizons différents se retrouvent avec l’envie de faire quelque chose ensemble. Il y a là des passionnés de musique animés par le désir de « faire écouter de la musique que l’on n’entendait jamais sur les ondes nationales », restitue Jacques Dupon, lui-même instit’ dans un centre pour personnes handicapés, mais aussi des artistes (plasticiens vidéastes…) avides d’explorer les nouvelles formes et images, des intellectuels, des homosexuels, et des jeunes animés par l’irrésistible envie « de foutre le bordel », se souvient Jean-Pierre Thoron, dit Pilou, à l’origine de ce drôle de rendez-vous. Bref, un bel aréopage cosmopolite réuni autour d’une idée commune, faire de la radio autrement, malgré des objectifs clairement divergents : « Des animosités, mais aussi des accointances, sont d’ailleurs apparues dès la première réunion, poursuit Pilou, alors étudiant en première année en Deug de physique-chimie… et socio. Globalement, tout le monde était anar… mais pas du même bord ! »
Les aspirations ont beau être multiples, la mayonnaise prend. D’une part parce qu’il y a consensus pour faire, en réaction aux radios commerciales sourdes à l’explosion du punk et de la new wave, la promotion de ces musiques ; mais aussi parce qu’il y a une volonté partagée de se démarquer de ce qui existait déjà. Pour Philippe Frézières, qui deviendra le président de la radio (voir interview p31), l’union s’est faite autour de l’idée « que l’on ne voulait pas faire1

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