Enquête

Aéroport de Toulouse-BlagnacLe vert à moitié plein

Rédaction : Sébastien VAISSIERE,
Photo : Rémi BENOIT,
le 7 mai 2022 Temps de lecture : 7 min.
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Victimes collatérales de l’« avihonte » ou « flight shaming » (sentiment coupable éprouvé par les amis du climat quand ils voyagent en avion), et sources de pollutions, notamment sonores, souvent ardues à contenir, les aéroports étaient jusqu’à présent rarement loués pour leur politique environnementale. Désormais, pour des motifs sociétaux, économiques ou d’image, ils sont nombreux à innover dans ce domaine. C’est le cas de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, qui se chauffe depuis cet hiver à la biomasse, accueillera bientôt une unité de production d’hydrogène vert, et vient d’être certifié neutre en carbone par un organisme international. De quoi, pour une fois, voir le verre à moitié plein.

 

« Comme M. Jourdain fait de la prose, on fait du RSE depuis longtemps sans le savoir ! » La directrice de la Responsabilité sociétale et Ressources humaines de l’Aéroport Toulouse-Blagnac, Christine Courtade, aime bien convoquer Le Bourgeois gentilhomme pour qualifier la politique environnementale de la maison. « Cela fait des décennies que notre profession et l’écosystème aérien dans son ensemble sont conscients qu’il faut s’engager à fond là-dedans. Nous avons choisi de ne pas attendre que la règlementation nous contraigne pour nous pencher sur ces questions » explique-t-elle.

Désormais, l’aéroport dispose d’une direction dédiée à ces problématiques, d’objectifs ambitieux (aéroport zéro carbone, 100 % autonome et alimenté à 100 % en énergies renouvelables produites sur place) et d’évaluations crédibles. Seulement voilà, le message a du mal à passer les glissières du périph’ : « Ce qui est embêtant c’est que ça ne se sait pas, se désole Christine Courtade. On ne parle de nous que par nos impacts négatifs, notamment à propos de la nuisance qui est la plus difficile à traiter : le bruit. Les avions font du bruit, on le sait bien. On met tout en œuvre pour limiter cet impact, mais c’est difficile. Et cet état de fait éclipse tous les efforts que nous faisons depuis 20 ans pour limiter l’impact de l’aéroport sur l’environnement. »
Si tout s’est accéléré en 2019 quand les actionnaires d’ATB ont inscrit la réduction de l’empreinte environnementale en bonne place dans le projet de l’entreprise, la première grande initiative verte remonte à 2009. Cette année-là, les huiles de la CCI, de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et de la Lyonnaise des Eaux, ont inauguré en grande pompe avec le président du directoire de l’aéroport de l’époque Jean-Michel Vernhes, une station de traitement des eaux pluviales. Récupérant l’eau dans les1

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