Interview

« Des gisements de biomasse, il y en a partout ! »

Rédaction : Jean COUDERC,
Photo : Rémi BENOIT,
le 7 mai 2022 Temps de lecture : 5 min.
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Après avoir accompagné de nombreux projets publics et privés dans la mise en œuvre d’unités de valorisation de biodéchets et de production de biogaz, Philippe Pouech, responsable du Centre régional gaz verts, œuvre désormais pour accélérer en Occitanie le développement de la méthanisation. Cet ingénieur agronome nous aide à mieux comprendre les enjeux autour de l’énergie renouvelable la moins connue du grand public.

La filière estime que l’on pourrait, grâce à la méthanisation, remplacer en France le gaz russe à l’horizon 2030. Comment ?
Tout d’abord en simplifiant les démarches administratives et en réduisant les délais d’obtentions des autorisations. Il est important également que l’Etat maintienne un tarif d’achat de l’énergie stable et que les aides à l’investissement puissent continuer afin de sécuriser économiquement les projets.
Il faudrait ensuite mettre en place une planification de la méthanisation sur les territoires, comme on l’a fait pour l’éolien, afin d’optimiser les coûts dédiés au développement, et de permettre à la filière d’atteindre une taille critique suffisante en région pour sa pérennisation.

Rappelez-nous ce qu’est la méthanisation ?
C’est un processus de dégradation des matières organiques. Ce sont des bactéries qui vont permettre, à partir de la biomasse (matière organique d'origine végétale ou animale, ndlr), de produire du biogaz, une énergie renouvelable, mélange de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2). Tout ce qui fermentescible est méthanisable. Il est fondamental de comprendre que la biomasse, et donc le carbone que l’on trouve dans cette matière organique, est issu de la photosynthèse réalisée par les plantes grâce à l’énergie solaire et la captation du CO2. Ce carbone biogénique s’inscrit dans un cycle court de l’ordre d’une année, à la différence des énergies fossiles (pétrole ou gaz) qui ont été produites par les mêmes bactéries mais il y a des millions d’années, qui sont déstockées en grandes quantités rapidement, impactant le changement climatique.

Qu’est-ce que cela change ?
Le fait d’exploiter ces réserves de manière aussi rapide et massive crée du gaz à effet de serre. Avec la méthanisation, on est dans un circuit court du carbone. Prenons l’exemple de la station d’épuration des eaux usées de Ginestous à Toulouse : à la sortie du réacteur de1

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