Reportage

Avignonet-LauragaisPaysage changeur

Rédaction : Orane BENOIT,
Photo : Orane BENOIT,
le 7 mai 2022 Temps de lecture : 5 min.
Partager : TwitterFacebookMail

À partir des années 2000, à Avignonet-Lauragais, les habitants ont vu la campagne de leur enfance redessinée par un parc d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques de plusieurs hectares. Certains s’en sont accommodés facilement, d’autres grincent encore un peu des dents. Pendant ce temps, elles tournent.

 

 

À 30 minutes de Toulouse, depuis l’autoroute des Deux Mers, impossible de louper les géants aux pieds de béton d'Avignonet-Lauragais. Sur les hauteurs du village, Romain Veaute, responsable promotion de l’Office du tourisme du Lauragais, entame une visite du parc qui réunit 12 éoliennes de 50 mètres de haut, dont les premières sont arrivées en 2002, et 20 000 panneaux solaires installés sur 13 hectares : « On est dans une des zones les plus ventées de France, donc ça me parait évident qu’on ait des éoliennes. Et puis dans le Lauragais, on a toujours utilisé la force du vent. » Une opportunité pour l’Office du tourisme qui profite de ces installations pour sensibiliser la population aux énergies renouvelables : « Nous n’avons pas de sites touristiques majeurs comme Rocamadour ou Saint-Cirq-Lapopie, donc, ici dans le Lauragais, on essaye d’axer nos visites sur la nature. »
Alors que la pluie et le vent se déchaînent un peu plus, Joëlle, 72 ans, lutte contre les bourrasques avec ses quatre chiens indisciplinés qu’elle est venue promener au milieu du parc : « Je suis d’une génération où on tournait au charbon, alors je peux vous dire que pour mes petits-enfants et arrière-petits-enfants je préfère qu’ils installent des éoliennes plutôt qu’une centrale nucléaire. »

Et de raconter ce jour où, se baladant au bord du canal non loin du village, elle a entendu un homme se plaindre du paysage qu’il trouvait « défiguré ». Une remarque à laquelle elle n’a pas pu s’empêcher de rétorquer : « Vous vous chauffez comment ? Si ça vous gêne, vous tournez la tête de l’autre côté. Il faut vivre avec son temps ! C’est un moindre mal, il y a pire. » Joëlle, de toutes façons, ne voit pas d’autres solutions : « Nous ne sommes pas les seuls et il va falloir1

La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus de Boudu en illimité.
Ou achetez directement le magazine en version pdf

À lire aussi dans ce numéro

Interview -

Renaud GrussNouveau nouveau monde

Branchée sur du 220V par son directeur musical helvète Gilles Colliard, cette adaptation est l’aboutissement de la vie artistique de Renaud Gruss, remuant administrateur de l’OCT, qui déteste les conformistes...

> Lire l'article <
Renaud Gruss, OCT
Interview -

Esthétique de l’éolienne

Si l’esthétique est le grief le plus fréquemment opposé à l’installation d’éoliennes, c’est que leur surgissement dans le paysage bouscule notre approche séculaire du paysage. Nous avons demandé à Julien...

> Lire l'article <
Julien Delord, enseignant-chercheur en histoire et philosophie de l’environnement à Toulouse et Albi
Interview -

« Des gisements de biomasse, il y en a partout ! »

Après avoir accompagné de nombreux projets publics et privés dans la mise en œuvre d’unités de valorisation de biodéchets et de production de biogaz, Philippe Pouech, responsable du Centre régional...

> Lire l'article <
AREC Occitanie