Rétro-reportage

Four solaire d'OdeilloPlein soleil

Rédaction : Sébastien VAISSIERE,
Photo : Rémi BENOIT,
Illustrateur : Laurent GONZALEZ,
le 7 mai 2022 Temps de lecture : 10 min.
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Enfant de Ganties en Haute-Garonne, le physicien Félix Trombe a bâti en Cerdagne le plus grand four solaire du monde. Héritage de la politique volontariste de de Gaulle, cet outil impressionnant inauguré en 69 fut un temps éclipsé par le tout-nucléaire. Les chercheurs du CNRS y ont repris du service au début des années 2000, à la faveur des crises climatique et énergétique. Ils y conçoivent désormais les centrales solaires de demain.

 

Odeillo ce matin a des allures kazakhes. Des chevaux lourds s’ébrouent dans des prés tout pelés. Pas un bruit à la ronde sauf un chien qui aboie après une Lada qui passe. Tout autour l’hiver fond dans un sorbet boueux. La parabole du four reflète à l’envers ce tableau bucolique. Ses 1830 m2 sont adossés à un immeuble de 40m de haut, dont l’architecture fin René Coty - début Charles de Gaulle offre un contraste cocasse au bâti montagnard. Depuis l’extérieur on devine des tôles peintes plaquées sur les façades derrière des vitres épaisses. Elles captent le rayonnement solaire et en diffusent la chaleur à l’intérieur. Système astucieux qui tempère tout l’hiver, et depuis 50 ans, ce haut lieu de la recherche scientifique française : le bien nommé laboratoire PROMES, PROcédés Matériaux et Energie Solaire.

À midi, une odeur de confit se propage dans le hall. Des portes de labos et de bureaux s’entrouvrent, libérant techniciens, doctorants et chercheurs. Les voilà qui descendent par grappes au réfectoire. Parmi les convives, la chercheuse Françoise Bataille, directrice du PROMES depuis 2021, passée par la Nasa, l’Université de Floride et le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur. Son voisin de table est Gilles Flamant, chercheur émérite au CNRS, grand manitou de la recherche solaire françaises, et chercheur au four d’Odeillo depuis 40 ans.
Au menu, maquereau, canard aux figues et tarte aux poires. De vrais plats cuisinés par un vrai chef : « À une époque, ils ont voulu confier la cantine à une boîte de restauration collective industrielle, tonne Gilles Flamant entre deux bouchées. On a eu raison de s’y opposer. Aujourd’hui on est bien contents de donner dans le fait maison et les circuits courts. C’est à nouveau dans l’air du temps…»
Toute anecdotique1

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