Interview

« Le TFC renaît, et les ultras avec »

le 10 juin 2022
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Après 2 ans de purgatoire, le TFC retrouvera la première division la saison prochaine. Une montée qui consacre une idylle inédite qui dure depuis deux ans entre le club et de jeunes fans. Cyril Diot, un ultra de 19 ans, fait partie de ces inconditionnels pour qui le refrain “TFC club de la loose” relève désormais du passé.

Comment expliquer ce nouvel engouement pour le TFC ?
Avant, les ultras et les dirigeants ne se parlaient pas. Depuis l’arrivée du nouveau président, tout a changé, en bien ! On le voit en particulier avec la communication du club qui fonctionne à merveille. Du coup, même en Ligue 2, il y a beaucoup de supporters qui sont revenus.

Même la défaite en barrage l’an dernier n’a pas freiné cet engouement…
Même s’ils ne sont pas remontés en Ligue 1, ils ont fait une saison complète. Nous étions contents et fiers du club. Donc ça a poussé les supporters à y croire et à revenir cette saison. Cet enthousiasme, on le ressent évidemment dans le stade. Il y a plus de monde, les gens chantent, tous les âges se retrouvent. Mais il n’y a pas que ça. Avant le club était un peu maudit. Il y a quelques années, si tu portais un maillot du club dans la rue, tu te faisais charrier, on te disait que c’était bizarre de supporter un club aussi nul. Aujourd’hui les gens viennent vers toi, t’encouragent, te disent « Bien vu le maillot ! »

Le TFC, club de la loose, c’est fini ?
Je crois. On ne le dit plus depuis le rachat par Redbird. Avant, les joueurs ne mouillaient pas le maillot et les dirigeants se moquaient du club. Avec la nouvelle direction, ça va beaucoup mieux. C’est devenu une fierté de soutenir ce club. Le club renaît et nous avec. Et les joueurs sont au diapason.

Ils mouillent le maillot, c’est ça ?
Pas uniquement. À tous les matchs, à l’extérieur comme à domicile, ils prennent le temps de venir nous féliciter, de célébrer les buts avec nous. Ça nous rend fiers et ça nous pousse à continuer.

Boudu-magazine-68

à quelques minutes d’embarquer pour le dernier déplacement de la saison à Ajaccio.
© Atoine berlioz

Qu’est-ce qu’être ultra ?
C’est supporter son club aussi bien à domicile qu’à l’extérieur. C’est créer des tifos, des activités, animer le virage Brice, organiser les festivités d’avant match, les déplacements des supporters, les accueils de bus.

Comment devient-on un ultra du TFC ?
Je supporte le club depuis 2014. Je vais voir tous les matchs à domicile. J’étais déjà plus qu’un simple supporter puisque je faisais déjà des déplacements. J’ai commencé à devenir ultra la saison dernière avec le covid, parce que je ne pouvais plus aller au stade, les matchs étant à huis-clos. J’avais envie d’en faire plus. Et puis mon père et mon grand-père ayant arrêté de venir au stade, ce n’était pas drôle d’y aller tout seul.

S’impliquer avec les ultras au moment où le club est au plus mal, c’est peu commun, non ?
La descente m’a remotivé. C’était le moment de s’engager. La ligue 2, c’était un tremplin. Ça nous à remis en place, ça a permis de renouer le lien entre les supporters et le club. C’était triste de descendre en deuxième division mais c’était vraiment une bonne étape.

Est-ce la victoire qui provoque l’engouement ou le contraire ?
Quand on s’est fait racheter l’année dernière, il ne restait plus qu’une minorité de supporters. Au fur et à mesure, il y a eu de plus en plus de monde au stade. Après on ne va pas se mentir, la victoire ramène du monde. Au début de la saison on était à peine 8000 spectateurs. Depuis janvier, la ferveur n’a cessé de progresser.

Ce sera moins évident en Ligue 1. Ne craignez-vous pas que le soufflé retombe ?
Si on parvient à garder nos meilleurs joueurs et à en recruter quelques-uns de bon, on peut largement viser le top 10, voire l’Europe. Ce n’est pas un excès d’optimisme ! Je crois au projet du club. Après, c’est sûr que si on se remet à jouer le maintien, une grosse partie des supporters risque de repartir.

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