Rentrée politique

Assemblée citoyenneÀ eux de jouer

le 8 septembre 2022
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Le plus jeune a 18 ans, la plus expérimentée flirte avec les 70 printemps. Certains vivent en ville, d’autres à la campagne. Retraitée, étudiant, ingénieur, ouvrier, demandeuse d’emploi, ils incarnent, chacun à leur manière, la diversité de la Haute-Garonne. Et nous font part de leurs espoirs quelques jours avant d’intégrer l’assemblée citoyenne.

Pierrette Audry de Vaudreuil Née le 28 octobre 1953 – Retraitée – Ancienne responsable administrative et financière © Orane BENOIT

Pierrette est une sexagénaire dynamique. Jadis Parisienne, elle s’installe à Vaudreuil après un coup de cœur pour le département qu’elle découvre avec sa fille il y a 8 ans. Secrétaire dans l’association Emmaüs à Castelnaudary depuis juin, elle place la rencontre de l’autre au centre de sa vie. « La spiritualité m’a permis un véritable travail sur moi-même. J’ai pris conscience de l’interdépendance des êtres humains ». Certaine que « ce que l’on fait aux autres, on le fait à soi-même », Pierrette estime qu’elle a acquis un sens de la communauté et du service parfois absent chez certains politiciens. Si elle admet que c’est le hasard qui la mène vers l’Assemblée citoyenne, elle voit dans ce projet un moyen démocratique d’éducation à la politique. « L’intelligence est collective. Quel que soit le niveau d’études ». Déçue par les résultats des consultations citoyennes menées par Emmanuel Macron, elle espère que cette fois-ci, cela ne sera pas qu’un « coup de com ».

La politique et vous ?
Je suis très méfiante, mais c’est la seule voie pour que ce monde évolue. Les partis politiques sont responsables de la méfiance des citoyens. J’ai rencontré de belles personnes… mais pas celles qu’on nous montre.

Pourquoi avoir candidaté ?
Un peu de curiosité, le désir de rencontrer l’autre, voir comment un groupe de 162 personnes s’organise et apprendre de nouvelles choses.

La priorité pour vous ?
Je ne veux pas perdre mon temps. Il y a trois idées importantes. La démocratie, l’éducation et l’écologie. L’écologie ne devrait même plus être citée comme une priorité, c’est la base de tout.


Assemblée citoyenne

Idrissa Savane – Muret Né en mars 2002 en Guinée – Ouvrier © Orane BENOIT

Idrissa Savane a quitté sa Guinée natale à 16 ans pour rejoindre la France par la mer au péril de sa vie : « On a passé plus de 24 heures en Méditerranée avant d’être secourus par la marine espagnole » se souvient-il. Placé en famille d’accueil à Nevers puis à Saint-Gaudens, il a suivi des stages et des formations jusqu’à obtenir un CAP en maçonnerie. Il est aujourd’hui ouvrier dans une entreprise spécialisée dans la surélévation. Son histoire explique son désir d’aider les autres, en particulier les jeunes : « J’essaie de faire de mon mieux pour aider. J’ai par exemple donné mon numéro de téléphone pour être volontaire aux sapeurs-pompiers et au SAMU. » Aussi, lorsqu’il a entendu parler d’une Assemblée citoyenne ouverte à tous, il n’a pas hésité à s’inscrire. Un moyen supplémentaire de poursuivre son intégration.

La politique et vous ?
Je découvre. Il faut du temps pour la comprendre.

Pourquoi avoir candidaté ?
Je veux représenter la jeunesse ? Je veux être utile aux autres.
On m’a aidé, alors je veux aider à mon tour.

Votre priorité ?
La jeunesse et l’immigration. Certains jeunes qui arrivent ici n’ont ni endroit où dormir, ni travail, ni papiers.


Victor Michel de Labarthe-sur-Lèze – Né le 23 mai 2004 – Étudiant en première année de géographie, aménagement et environnement à l’université Jean-Jaurès © Orane BENOIT

Victor vient d’avoir 18 ans. Son combat c’est l’écologie. Déjà au lycée, il a installé un cendrier-sondage pour encourager les fumeurs à ne pas jeter leur cigarette par terre : « Un mégot, rappelle-t-il, c’est 500 litres d’eau pollués ». Se qualifiant lui-même de « perché », il se sent en décalage avec les autres adolescents. Il s’est engagé dans une licence aménagement du territoire et environnement… par nécessité : « S’il n’y avait pas tant de problèmes climatiques, je serais philosophe » assure-t-il. Sur la liste de ses projets figure la création d’une entreprise de mix énergétique pour favoriser l’indépendance des ménages. Pour lui, l’Assemblée citoyenne est un premier pas pour faire entendre ses idées et en débattre. Chose amusante, son père, qui ne partage pas forcément ses points de vue, a lui aussi été tiré au sort et siègera dans l’assemblée citoyenne.

La politique et vous ?
Maintenant que le lycée est derrière moi, je passe un deuxième cap avec le Conseil départemental. Si mes actions marchent, j’irai au niveau régional puis au national. Les problèmes d’aujourd’hui (covid, climat etc.) ne se gèrent bien qu’à grande échelle et dépassent les clivages politiques.On dit souvent que tout est politique. Mais sans écologie, sans planète il n’y a plus de politique. Tout est lié, finalement. Je créerai peut-être un jour mon propre parti politique. Je l’appellerai Gaïa-venir.

Pourquoi avoir candidaté ?
Les jeunes ne se sentent pas assez concernés par l’écologie. Ma voix peut avoir une importance parce que je suis le plus jeune.


Assemblée citoyenne

Baptiste Pelletier de Toulouse – Né le 29 juin 1997 à Chalon-sur Saône – Doctorant © Orane BENOIT

Baptiste Pelletier s’intéresse à la politique dès le collège, période au cours de laquelle il est élu au conseil municipal des jeunes. Après des études d’ingénieur, il s’installe à Toulouse, sa ville coup de cœur, pour ses deux dernières années de Doctorat à Supaero. Si l’ingénieur rêve d’explorer les étoiles, il travaille pour l’instant dans le domaine de la robotique sous-marine, observant les effets du réchauffement climatique sur les poissons et les coraux : « J’ai besoin de faire un métier qui a du sens ! J’ai toujours aimé la nature, donc dès que je peux sensibiliser sur l’écologie, je le fais. » C’est par hasard, en tombant sur un flyer dans la cour d’un musée toulousain, que Baptiste décide de participer au tirage au sort. Une démarche qui selon lui permet à « des gens qui ne s’impliquent habituellement pas en politique de tenter leur chance. » Curieux, il espère trouver dans cette assemblée « une richesse et une diversité à la fois professionnelle et sociale. »

La politique et vous ?
Dans ma famille, on a toujours suivi la politique sans forcément s’investir. Moi, je trouve ça important et ça m’intéresse.

Pourquoi avoir candidaté ?
Pour rencontrer des gens que je ne côtoie pas dans mon quotidien et avoir un impact positif sur le département.

Votre priorité ?
L’écologie, surtout après cet été ! Et puis tous les sujets qui vont avec comme la justice sociale, la sobriété, les modes de vie alternatifs etc.


Renée Govaert de Fronton Née le 25 janvier 1962 en Belgique – Ingénieure en informatique © Orane BENOIT

Quand elle découvre l’appel à candidature pour l’Assemblée citoyenne sur des affiches dans la rue, Renée Govaert n’hésite pas à s’inscrire : « En 2019 , j’ai été impressionnée par la Convention citoyenne organisée par Macron, ça m’a donné envie ! ». Issue d’un milieu défavorisé, c’est en quittant sa Belgique natale, il y a 20 ans, pour rejoindre son mari qui travaille dans le domaine des énergies renouvelables, qu’elle s’intéresse à la politique. La question de l’énergie est souvent au cœur des discussions familiales, et aujourd’hui Renée souhaite en faire l’une de ses priorités. L’ingénieure en informatique en congé de fin de carrière, transmet son savoir-faire à la jeune génération à l’Institut de l’engagement et lors d’ateliers d’improvisation. Déterminée et enthousiaste, l’ancienne athlète d’aviron qui a participé aux J.O. de Barcelone en 1995, espère que les propositions seront suivies par des actes.

La politique et vous ?
C’était loin de moi, puis, petit à petit, j’ai acquis une certaine culture politique. Aujourd’hui, je me sens concernée, j’ai des convictions et je suis prête à les défendre.

Pourquoi avoir candidaté ?
Pour faire partie d’un groupe qui fera remonter et défendra les idées de la population.

Votre priorité ?
L’énergie et tout ce qui est en lien avec le climat, car aujourd’hui, le changement climatique a un réel impact sur notre quotidien. La précarité et la jeunesse sont également deux sujets qui m’intéressent beaucoup.


Assemblée citoyenne

Christille Bonnin de Martres-Tolosane – Née le 30 mars 1988 à Toulouse – En congé parental – Diplômée sanitaire et social © Orane BENOIT

C’est en s’occupant de sa grand-mère qui ne voulait pas aller en maison de retraite que Christille Bonnin entrevoit la possibilité de travailler avec les personnes âgées. « Jusqu’alors, je m’étais pas mal cherchée », reconnaît-elle. Passionnée d’équitation sans pour autant envisager d’en faire son métier, elle commence des études de tourisme avant d’opter, comme ses parents (père kiné, mère infirmière) pour le médico-social. Une fois diplômée, elle enchaîne les petits boulots, téléconseillère à la CPAM ou animatrice en maison de retraite.
Auprès des séniors, elle confie se sentir à sa place : « Je n’ai pas d’eux la même image que beaucoup de gens de ma génération. D’ailleurs, quand j’arrive dans un endroit, généralement les personnes âgées viennent vers moi. » Aujourd’hui en congé parental, elle a saisi l’opportunité d’intégrer l’Assemblée citoyenne « parce que la politique, ça compte encore ». Et que ses parents, « aux antipodes sur l’échiquier politique », lui ont donné le goût de l’action publique. Son souhait ? Que les préconisations de la future assemblée soient prises en considération par les élus.

La politique et vous ?
J ’ai toujours voté depuis que je suis en âge de le faire. J’estime que c’est un droit autant qu’un devoir. Surtout en tant que femme.

Pourquoi avoir candidaté ?
Pour faire entendre une autre voix sur des sujets aussi importants que la cohésion sociale, la jeunesse ou les personnes âgées.

Votre priorité ?
Même si j’ai des convictions fortes en matière de dépendance, la priorité est pour moi l’environnement. Il s’agit de l’avenir de nos enfants.

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