Interview

Musée Paul-DupuyArts curieux

le 3 novembre 2022
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Le musée Paul-Dupuy rouvre après 3 ans de travaux. Depuis 1949, la même question tarabuste ses conservateurs : comment résumer un musée qui abrite à la fois des machines de pré-cinéma, un parement d’autel, l’olifant de légende dans lequel Roland a soufflé à Roncevaux, et un automate du magicien Houdin ? Le nouveau visage du musée, forgé sous l’autorité de Francis Saint-Genez, est la réponse d’aujourd’hui à cette question septuagénaire.

Pourquoi avoir profité des travaux pour changer le nom du musée Paul-Dupuy ?
Voilà des années que les élus l’envisagent. Musée Paul-Dupuy des arts graphiques et des arts décoratifs ressemblait davantage à un intitulé de dissertation qu’à un nom de musée. Ça n’évoquait plus grand chose aux visiteurs, y compris aux Toulousains. Musée des arts précieux nous est apparu plus approprié.

Pourquoi « précieux » ?
La collection de Paul Dupuy, c’est un peu Tout l’Univers. Il est difficile d’en saisir l’essence. Précieux nous est venu en considérant la valeur de la collection et, dans une acception plus large du terme, du fait de la fragilité de certains matériaux qui la composent : papiers, tissus, mécanismes etc. Précieux aussi sont les savoir-faire des artisans d’exception qui ont conçu certaines pièces, et qui constituent de véritables éléments du patrimoine.

Il fallait donc un néologisme pour qualifier le musée…
Disons que nous avons attribué à « arts précieux » une signification plus large que d’ordinaire. Le terme nous a aidé à réorganiser le musée. Avec une telle collection, on pourrait imaginer un musée de l’horlogerie, un musée du pré-cinéma, un musée des arts graphiques, un musée du mobilier, mais la place manque !
La nouvelle muséographie, avec le cabinet de préciosité du rez-de-chaussée, permet d’exposer des objets différents autour de grandes thématiques.

En définitive, de quoi ce musée parle-t-il au visiteur ?
Du génie créatif de l’homme et du lien étroit qui unit l’horlogerie, les mécanismes, les arts graphiques et l’animation pré-cinématographique. Qu’est-ce que le cinéma sinon des images mises en mouvement par des mécanismes ? Certaines machines, aux premiers temps du cinéma, ont été conçues par des horlogers. Le musée montre que ces différents arts sont liés et se rencontrent. J’espère que le public s’en rendra compte. On a tout fait pour, en lui offrant des outils vidéo, des animations 3D, des vidéos, des fac-similés de lanternes magiques manipulables par les visiteurs, une appli pour smartphone. Que les rétifs au numérique se rassurent : nous avons aussi conçu des fiches de salle traditionnelles.

Vous êtes conservateur des musées Labit et Paul-Dupuy, deux collections particulièrement hétéroclites et insolites. On est loin des musées traditionnels et mono-thématiques… 
Je vis comme une chance le fait de faire vivre et de protéger ces souvenirs et ce patrimoine. Labit et Dupuy présentaient les mêmes caractères encyclopédique et universaliste. Deux collectionneurs qui, presque à la même époque, créent un musée privé avant de le léguer à leur ville, ce n’est pas banal. Cela en dit long sur leur générosité, leur humanisme, leur curiosité. Toutes les villes n’ont pas cette chance…

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