Interview

Ethnovalie : Francis Duranthon

le 7 septembre 2023
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Directeur du muséum de Toulouse, le paléontologue Francis Duranthon est fils de treiziste et ancien
trois-quart centre du XV de Souillac. Cela faisait de lui l’interlocuteur idéal pour nous expliquer la raison
d’être de l’exposition Naturellement rugby, sise au muséum le temps de la Coupe du monde.

Francis Duranthon, que vient faire le rugby dans un muséum d’histoire naturelle et d’ethnologie ?

À Toulouse, il est naturel de parler rugby. Ne pas le faire demanderait finalement davantage de
justifications.

Est-ce la première fois que le rugby passe la porte du muséum ?

Il y a un précédent : une exposition réalisée en marge de la coupe du monde 2011, sous l’impulsion des
équipes de médiation. Le muséum de Toulouse est par ailleurs lié à l’histoire du rugby : le 21 avril 1952,
les représentants de 465 clubs du pays se sont réunis dans l’amphithéâtre du muséum - aujourd’hui
théâtre Sorano -, à l’occasion d’une grande fronde des clubs contre la fédération nationale et les
instances britanniques…

Pourquoi au muséum ?

Sans doute parce que les grandes salles susceptibles d’accueillir autant de monde étaient rares à
l’époque.

Quel lien l’exposition 2023 établit-elle entre rugby et nature ?

La presque totalité des équipes nationales de rugby de la planète a un animal ou un végétal pour
emblème. Coq français, fougère néo-zélandaise, poireau gallois, springbok sud-africain etc. Comme le
rugby est présent partout dans le monde, c’est pour nous un formidable prétexte pour mettre en avant
nos collections. Le muséum de Toulouse abrite des pièces venues du monde entier. Je pense
notamment à notre collection ethnographique riche d’objets maoris, australiens, et de toute l’Océanie,
région phare du rugby.

À quoi l’expo ressemble-t-elle ?

Autour de pièces en lien avec les emblèmes de chaque XV national, elle explore les facettes historique,
géographique, biologique, sociétale et ethnologique du rugby. Les naturalistes comme les amateurs de
rugby y trouvent leur compte. Et les Toulousains autant que les supporteurs de passage. C’est ludique,
instructif, et fidèle à notre vision d’un1

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