Sport et société

Pierre Villepreux : Natural born player :

Rédaction : Sébastien VAISSIÈRE,
Photo : Matthieu SARTRE,
le 7 septembre 2023
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Professeur d’éducation physique, Pierre Villepreux a révolutionné le poste d’arrière avant de mener le Stade Toulousain au Brennus et le XV de France en finale de la Coupe du monde 99. Disciple du théoricien du rugby René Deleplace, il est celui qui a interprété avec le plus d’acuité sa vision du jeu de mouvement. L’enfant de Pompadour revient sur ce rêve de rugby libre générateur de plaisir et de résultat ; ce pari esthétique, pédagogique, et même politique, auquel il a consacré sa vie.

Pierre Villepreux, d’où vient votre approche du rugby ? 

Tout s’est joué au passage de l’enfance à l’âge adulte, quand j’ai quitté la pratique intuitive et libre du jeu pour la nécessité de gagner. Dès mes premiers pas en compétition à 16 ans, je n’ai pas aimé les solutions que me proposaient les entraîneurs pour gagner. 

Qu’avaient ces solutions de déplaisant ? 

Elles n’étaient pas de nature à développer mentalement le joueur ni à le conduire à la connaissance supérieure du jeu. On faisait de la technique pour de la technique. L’entraîneur imposait, et nous, on exécutait. Dans ces conditions, j’étais en permanence tenté de désobéir. Je sentais que ma vie motrice antérieure me rendait capable d’autre chose.

Qu’entendez-vous par « vie motrice antérieure » ? 

Enfant, j’ai goûté à mille activités physiques naturelles : sauter dans les champs, courir dans les bois, grimper aux arbres. Ce sont ces activités motrices enfantines qui ont forgé le joueur de rugby que je suis devenu. 

Dans quel contexte avez-vous touché vos premiers ballons ? 

Librement, dans la cour de l’école et sur le terrain de Pompadour où jouait mon père. Cette pratique libre m’a permis d’acquérir une connaissance du jeu que personne n’aurait pu m’apprendre. Elle est la plus naturelle et formatrice qui soit. Tous les petits jouent. Les enfants, comme les petits chiens. Si on les prive de ce rapport naturel au jeu, on contrarie des possibilités futures d’actions motrices. Le flair découle de cette formation initiale au jeu libre, et de sa maturation dans la liberté. Pour faire montre d’intelligence situationnelle, il faut être passé par une succession de tentatives soldées par des réussites et des échecs.

Ce jeu libre de l’enfance serait-il le secret des grands joueurs ? 

Quand j’intervenais à1

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