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L’amour à la machine

Dernière mise à jour : 5 janv.

Guidée par la passion de son grand-père pâtissier et les doigts de fée de sa grand-mère, Noémie Poitvin-Fatout a créé sa propre marque de vêtements : Les Dunes. Sensible et créative, elle met à l’honneur la diversité des corps avec des pièces conçues localement dans le respect de l’humain et de l’environnement.



À Toulouse, devant sa machine à coudre, Noémie, vêtue d’une robe blanche en lin, se remémore les longues balades sur les dunes normandes, près de la maison de ses grands-parents. Bras dessus bras dessous avec sa grand-mère, elle profitait de ces escapades pour échapper aux tourments de l’existence : « Mon grand-père était malade. Ces balades, c’était notre parenthèse pour supporter cette situation difficile. » Son grand-père, « le meilleur pâtissier du monde », aimait profondément son travail. C’est cette passion qui a toujours guidé Noémie dans ses choix, et cela dès l’adolescence. Fille d’un ingénieur et d’une comptable, elle se lance à contre-courant dans un parcours littéraire. Une fois le bac en poche, elle entreprend des études de commerce pour accompagner ses premiers projets de création de marque de maroquinerie. Sa carrière débute chez Dior à Paris, puis chez Chanel où elle forme les vendeurs sur les collections. Elle leur raconte le savoir-faire, la partie technique, et les sources d’inspiration de chaque collection. Mais ce qu’elle préfère, ce sont les visites des ateliers : « J’étais un peu le dernier maillon de la chaîne dans le développement de la collection puisque je la voyais une fois prête à être commercialisée. » 


En 2019, le décès de son grand-père est un déclic. Elle quitte son poste et se lance. Elle commence par créer une collection pour un brodeur. Mais une fois la collection prête, ce dernier se rétracte. « Cette issue malheureuse m’a donné envie de créer ma propre marque. Jusqu’alors, je ne me sentais pas légitime ». Les Dunes, voit le jour. Une référence à ce lien familial : « Une pensée pour mon grand-père, et pour ma grand-mère qui m’a appris à coudre, à broder et à tricoter. »


Chez Dune, pas de mannequin professionnel, mais une « vraie connexion humaine. La plupart des modèles sont des amis.» La communication met en lumière la diversité des corps et la partie invisible des ateliers : « Dans mon précédent métier, on mettait toujours en avant le produit fini, le directeur artistique et les mannequins, mais les personnes des ateliers n’étaient pas représentées, elles étaient presque cachées ».




La Toulousaine, cherche à concevoir ses vêtements localement : « Je voulais faire du made in France, mais c’est difficilement atteignable pour une petite entreprise comme la mienne. J’ai quand même réussi à travailler entre le sud-ouest et la Catalogne ». Un engagement qu’elle respecte aussi dans la sélection des tissus : « Je sélectionne des matières plus épaisses, qui tiennent dans le temps et qui ne sont pas transformées, sans teintures ni blanchiment, et qui sont issues de fins de stocks. » La jeune designer vend sa première collection Rivage, inspirée par son entourage, seulement sur son site internet ou dans quelques boutiques éphémères. Entre deux balades dans les dunes avec sa grand-mère, elle songe déjà à sa prochaine collection, avec quelques idées en tête : culture du sud-ouest et rugby !




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