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Natacha Laurent, chercheuse spécialiste de la Russie

Dernière mise à jour : 12 janv.

Natacha Laurent est chercheuse, spécialiste de la Russie et du cinéma soviétique, maître de conférences en histoire contemporaine, et co-responsable du master Recherche, Histoire et Civilisations modernes et contemporaines à l’Université Toulouse Jean-Jaurès.



Goût de la langue

Tout est passé par la langue. J’ai choisi le russe au lycée. Sans doute que mon prénom a joué dans ce choix. Sans doute aussi parce que j’ai grandi dans une famille très ouverte sur l’Autre. Or, quand j’étais au lycée, la Russie était soviétique, et l’Autre était communiste. Comprendre à la fois ce système et cette im-mense culture artistique, intellectuelle, scientifique, ça m’intéressait.


Cinéphilie soviétique

J’ai passé un an à Moscou pendant mes études d’Histoire, à la fin de la Pérestroïka. Une période fabuleuse de parole, de tolé-rance et d’espoir. Ma passion pour le cinéma est née pendant ce séjour : pour apprendre la langue, j’étais tout le temps fourrée au théâtre et au cinéma.


Paris-Toulouse via Moscou

Les trois sommets de mon triangle sont donc la Russie, le ciné-ma et l’Histoire. Je les ai rassemblés dans ma thèse sur la cen-sure cinématographique sous Staline. C’est elle qui m’a con-duite à Toulouse, moi qui suis originaire de région parisienne, grâce à sa Cinémathèque qui possède l’une de plus belles collec-tions de cinéma russe. J’ai été élue maître de conférences en his-toire contemporaine à l’université de Toulouse en 98, et en pa-rallèle directrice de la Cinémathèque de 2005 à 2015.


Sur la guerre en Ukraine

On prend enfin conscience du fait que la Russie est un état colonial, et la guerre en Ukraine une guerre coloniale. Ce qui est intéressant pour un historien c’est de voir que les concepts qu’on a mis en place pour les histoires coloniales de la France ou du Royaume-Uni, sont sans doute intéressants à utiliser pour la situation actuelle, et absolument pas anachroniques.


Son message

Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est comment on a pu être à ce point aveugle. Comment on a pu imaginer que le discours poutinien qu’on a vu se construire dans son intolérance, son délire, son désir de reconstituer l’Union Soviétique, ne serait pas opératoire ? Je travaille pourtant sur le discours et les images… mais je ne croyais pas que la Russie mènerait cette guerre. Cela paraît si clair maintenant. C’est le message : les mots et les discours agissent. Ils sont acteurs de l’Histoire.

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