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Une année toulousaine – Eli

Dernière mise à jour : 11 janv.

Juin, fin de l’année scolaire. L’été qui se dessine et les partiels terminés, les étudiants rentrent chez eux. En particulier les étudiants en Erasmus, de plus en plus nombreux à choisir Toulouse. Boudu a rencontré Eli, une Québécoise de 22 ans, avant qu’elle ne prenne son vol retour.



Tes idées reçues sur Toulouse avant d’arriver ? J’avais entendu dire par des gens du Nord que Toulouse se résumait au rugby et à Chez Tonton.


Qu’en as-tu pensé lors de ton arrivée ? Bien sûr, il y a les bars et le rugby, mais Toulouse est bien plus que ça. J’ai rencontré une ville plutôt calme, élégante avec ses petites rues.


Ouverte aux étudiants étrangers ? Oui. Déjà, avant de venir, j’étais étonnée par le nombre de colocations proposées spécialement pour les Erasmus. Puis, il y a ESN Toulouse (Erasmus Student Network), qui propose très souvent des événements pour les étudiants en échange. On m’avait dit que les Français restaient entre eux, et conseillé de ne rester qu’avec les étudiants étrangers. Finalement, je n’ai pas du tout suivi ce conseil, et j’ai bien fait…


Avec ses copains

La plus grande qualité des Toulousains ? C’est cliché, mais tant pis : le partage, la fête, un côté simple, bon vivant. J’ai remarqué aussi, et je le vois d’un côté positif, la nonchalance des Toulousains, une espèce de laisser-aller qui est beau.


Leur plus gros défaut ? Leur nonchalance, aussi. C’est comme un p’tit cadeau empoisonné, parce que parfois côté administratif, c’était compliqué.


Séducteurs ? Non, enfin pas exceptionnellement séducteurs, ou alors je n’étais pas leur style… c’est vrai que j’avais pas vraiment l’accent du sud !


Ton lieu préféré à Toulouse ? Le toit du parking des Carmes, meilleur spot pour regarder le soleil se coucher. On se sent comme entouré par la ville. On entend le bruit des restos en bas mais en même temps on a la vue jusque sur les Pyrénées et les clochers de la ville.


Ta meilleure adresse pour boire un verre? Le Sylène à Saint-Étienne, un bar authentique. C’est là où j’ai pris le premier et le dernier verre à Toulouse.


Ta meilleure adresse pour manger ? Le Bep Chay, un resto asiat’ aux Carmes. À midi, ils proposent toujours un seul repas, végétarien ou vegan. Tu sens que c’est des jeunes passionnés par la cuisine et par leur culture. Et ça ne coûte vraiment pas cher.


Ton meilleur souvenir ? Halloween. Avec des potes, on s’était déguisés en personnages de Charlie et la Chocolaterie. On a fait une soirée en appart puis on s’est baladés dans les rues de Toulouse. Les gens nous arrêtaient pour nos costumes. Et c’est à ce moment précis que je me suis dit “Je me balade dans ma ville”. J’ai commencé à me sentir chez moi.


Halloween

Ton pire souvenir ? Quand je suis arrivée, c’était terrible. Je n’avais aucun repère. Le premier jour, je me répétais, en boucle, en marchant dans la ville « mais qu’est-ce que j’ai fait ? ». C’est comme si on m’avait déposée dans un camp de vacances – enfant je détestais ça – mais qu’on ne venait pas me chercher sous prétexte que c’était ma décision de partir en camp de vacances.


La chose la plus inattendue ? Sans doute me faire autant d’amis. Je me considérais avant comme quelqu’un qui était bien seule. Cette année m’a appris que c’était correct d’avoir besoin d’aimer. Et que l’hiver est quand même froid à Toulouse.


La chose la plus folle que tu aies faite ? Un tatoo. J’y pensais depuis un moment mais j’avais toujours ce problème avec la permanence. Puis, je sentais que j’avais besoin de me faire un tattoo d’une petite maison à Toulouse, donc je l’ai fait.


Tattoo maison toulousaine

Tattoo maison toulousaine


Une anecdote ? Plutôt une habitude. Tous les dimanches, avec mes colocs on allait prendre un chaï latte au Cœur du grain avant de faire un tour au marché de Saint-Aubin… sans rien acheter. Puis quand on rentrait vers 13h, on avait faim et on se disait “y’a rien à manger”, donc on allait au Carrefour d’à côté. Et on recommençait le dimanche suivant.


Qu’est-ce qui te manquera ? Prendre mon temps. C’était une des premières années de ma vie où je n’étais pas stressée. J’ai trouvé une douceur, quelque chose de relaxant à vivre ici.


Qu’est-ce que tu ne regretteras pas du tout ? Les gens qui fument.


Les Québécois ne fument pas ? Non. Il y a eu une grande campagne contre le tabac dans les années 90. Au Québec, ceux qui fument ce sont les plus de 75 ans et les Français.


Faut-il du courage pour partir vivre si loin de chez soi ? C’est un peu prétentieux de dire qu’il faut du courage, mais il faut surtout faire confiance à la vie. C’est un peu comme un premier saut en parachute, c’est une seconde de courage et après le reste suit.


Que garderas-tu de ton année à Toulouse ? Pas l’architecture, pas les clopes, pas le rugby mais les gens. J’entendais souvent les plus vieux raconter  leurs voyages de jeunesse comme si c’étaient des films. Et cette fois, j’ai eu l’impression que c’est moi qui ai vécu le film. Y’a eu des trains, des amours, des rires, des pleurs… C’était sublime.


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