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ENQUÊTE

Ici Nougayork !

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 7 min

Comme l’or maudit des Volques, l’épopée de l’Aéropostale et le supplice de Saturnin, l’histoire de Nougayork a acquis à Toulouse le statut de mythe identitaire. Une presque fable qui s’ouvre à Paris sur l’éviction de Nougaro de chez Barclay, se poursuit avec un bain de jouvence new-yorkais, et s’achève à Toulouse sur le retour triomphal de l’idole. 30 ans après les faits, Boudu radote cette revanche en l’enrichissant des témoignages de ses protagonistes. Et en prenant soin de ne pas trop distinguer la réalité de la légende.

Disons que ça commence en 1986, place de Clichy, à Paris. On est chez Charlot, le roi du coquillage. Mettons que dehors, il pleut. Nougaro dîne avec un proche, le producteur Mick Lanaro. Les deux hommes se connaissent depuis le début des années 1970 et l’enregistrement de Tu verras. Quelques jours plus tôt, un autre producteur, Philippe Constantin, a viré le Toulousain de chez Barclay : son dernier album,  Bleu blanc blues, a déçu les comptables. Bien sûr, la tournée qui a suivi a été un succès… mais il y a autre chose. Nougaro a 58 ans, et les temps changent. Les radios libres charrient un son nouveau venu d’Amérique. Et même s’il arrive dégueulasse et compressé sur la bande FM, il emporte toute la jeunesse sur son passage.

Chez Charlot, Lanaro se désole de voir son ami broyer du noir : « J’aimais ce type au-delà du raisonnable, comme quelqu’un de ma famille. J’étais malheureux qu’il se soit fait virer de cette manière ». Il lui confesse alors que ses propres enfants (et leur génération avec), ne connaissent pas ses chansons. Pire, qu’ils s’en foutent. Et lui énumère dans la foulée les disques qui tournent sur leurs platines : Al Jarreau, Madonna et Michaël Jackson.

Les coquilles s’entassent. Les verres se vident. Nougaro encaisse : « En trois heures, je l’ai persuadé de tout changer. Je sentais qu’avec un son différent, il accrocherait les jeunes. L’idée n’était pas de changer Claude, mais de bousculer tout ce…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.