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Jeux Olympiques : D’or, d’argent et de mécènes

Dernière mise à jour : 11 juin

À l’aube des Jeux Olympiques, les athlètes peaufinent leur préparation. À ce stade, il s’agit de préparer le corps autant que de muscler les finances, à grands renforts de cagnottes, de partenariats locaux ou de plateformes en ligne. L’argent demeure la clef du rêve olympique, en particulier pour les sports dits mineurs et les athlètes féminines.


Jöna Aigouy, lanceuse de javelot, Célia Perron, pentathlonienne et Alexia Richard, joueuse de beach-volley, rêvent toutes trois de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Paris. Pour ce faire, il faut franchir l’obstacle financier : « J’ai enchaîné les petits boulots et la vente de vêtements sur Vinted pour financer mes compétitions » témoigne Jöna Aigouy. « Entre l’alternance, les études et les entraînements, mes journées étaient très longues. Je n’avais pas assez de repos, et je poussais mon corps à bout » admet Célia Perron. Obstacles matériels qui finissent par créer des situations délicates : « Pour être performante, il faut optimiser son temps de récupération et ne pas avoir à se demander comment on va se nourrir ou payer le loyer » résume la lanceuse de javelot aveyronnaise. Cause avancée de ces soucis d’argent : le manque de médiatisation de ces sports dits mineurs, à plus forte raison quand il s’agit d’athlètes féminines.

Jöna Aigouy a pu compter sur une solidarité inattendue. Son titre de championne de France de javelot décroché l’été dernier lui donnant accès aux médias, elle en profite pour faire part de ses difficultés : « J’ai reçu des dizaines de messages de soutien. J’ai fini par créer une cagnotte en ligne. » Au-delà de toutes ses espérances, l’athlète a récolté plus de 34 000 €. « Si je vais aux JO, ce sera comme si je les emmenais tous avec moi ! » La médiatisation attirant les sponsors, le Viaduc de Millau, Accor Hôtels et Paviot équipements se sont joints à son projet sportif.

Alexia Richard a pour sa part créé avec sa coéquipière, Lézana Placette, l’association Pari 2024 : « On voulait rassembler autour de nous des entreprises prêtes à parier sur notre qualification. » Si les débuts ont été difficiles, les partenaires ont fini par tenter l’aventure : « On a une relation de confiance avec nos sponsors. Ils partagent notre mentalité et nos valeurs ». Quant à Célia Perron, elle a choisi de miser sur des entreprises de son Tarn natal : « Autour de Toulouse, il y a peu de sponsors pour des sports individuels. Partir avec des soutiens tarnais me permet de raconter une histoire qui me ressemble. »


Pas le Tinder du sport

Début février, la Maison du sport au féminin, association de soutien des athlètes et de promotion du sport chez les femmes, a lancé une plateforme de mise en relation des entreprises et des sportives de haut niveau. Ces dernières peuvent recevoir une aide financière, alimentaire ou de santé, des offres d’emplois ou un accompagnement juridique : « On veut des mécènes qui les accompagnent à tous les niveaux » souligne la présidente, Maguelone Pontier. L’une des particularités de la plateforme est l’anonymisation des athlètes. L’entreprise choisit entre soutenir un sport collectif ou individuel, puis les bénévoles se chargent de la mise en relation. Une organisation différente des autres plateformes du genre comme Je soutiens un athlète ou I Believe In You : « Sur ces plateformes les canons de beauté ou les disciplines olympiques sont plus facilement financées. Nous voulons donner la même chance à toutes, et ne pas devenir le Tinder du sport. » Une semaine après le lancement, 33 sportives et 30 entreprises étaient déjà inscrites. Ce travail de reconnaissance améliore le quotidien des athlètes d’aujourd’hui et permettra des carrières sportives sereines à celles de demain : « Un héritage pour les générations futures » promet Célia Perron.

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