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  • BOUDU

Temps d’agir

Dernière mise à jour : 11 janv.

L’actualité le rappelle un peu plus tous les jours : l’eau sera, sans conteste, un sujet de préoccupation majeur dans les années à venir. Pour preuve, les plans se multiplient, aussi bien nationalement que localement, avec l’adoption, fin juin, d’un Plan initié par le  Conseil régional d’Occitanie. 



Rarement un sujet n’aura autant fait consensus chez les décideurs politiques. En à peine un siècle, les prélèvements en eau ont été multipliés par 7 à l’échelle de la planète. En France, comme en Occitanie, on n’échappe pas à la règle. À fortiori dans une région qui accueille plus de 40 000 nouveaux habitants chaque année et qui est l’une des plus exposées aux effets du changement climatique.


Mais si l’on sait, depuis maintenant une bonne vingtaine d’années, que la diminution des ressources va complexifier la situation à moyen terme, l’horizon des problèmes s’est rapproché à vitesse Grand V. Avec un déficit annuel de 200 millions de m3 entre les besoins et les ressources en eau, les voyants sont passés à l’orange foncé.


On est au pied du mur et personne, de Sébastien Vincini à Carole Delga en passant par Jean-Luc Moudenc, ne cherche à minimiser la situation. Pour preuve, le préfet de Région Pierre-André Durand n’a pas hésité, en avril dernier, à tirer la sonnette d’alarme : « Le message que je passe, c’est celui tout simplement de la solidarité et du civisme. Il n’y a pas de raison qu’il y ait de guerre de l’eau. Mais il faut que chacun fasse des efforts. »


Reste les solutions à trouver. Pour la présidente de Région comme pour l’ensemble des acteurs, la première des actions consiste, pour préserver la précieuse ressource, à l’économiser. Soucieuse de montrer l’exemple, elle s’est engagée à réduire de 20% la consommation d’eau dans les lycées. Un engagement similaire a été pris par son homologue du CD31 pour les collèges et l’ensemble des bâtiments du Département.


Mais cela ne suffira (sans doute) pas. D’où ce plan ambitieux de 160 millions d’euros jusqu’en 2030, articulé autour de trois axes : la sensibilisation des populations à l’économie d’eau, le développement de la réutilisation des eaux grises, et l’optimisation des usages et la sécurisation de la ressource. Avec une conviction chevillée au corps : si le problème de l’eau concerne toute l’humanité, les solutions efficaces sont à construire localement. « Les meilleures solutions sont toujours celles qui se construisent au plus près de la réalité, et en cela, le couple Région-Département apparaît comme l’échelon le plus pertinent pour la mise en œuvre d’une politique de l’eau territorialisée, coordonnée, et adaptée, s’est ainsi exprimée Carole Delga lors du sommet sur l’eau en mars dernier. La Région doit être sur les questions de réseaux hydrauliques, les autoroutes de l’eau, et les Départements être porteurs d’expérimentations à l’échelle de bassins sur le petit cycle de l’eau ou sur les structures gestionnaires comme les structures intercommunales. » Une ode à la décentralisation qui sonne comme un désaveu pour le gouvernement, alors que celui-ci vient tout juste de présenter son Plan eau…


3_questions, inciter l’agriculteur à faire un pas de côté.


Lorsqu’il s’agit de partage de la ressource, tous les regards se tournent inexorablement vers le monde agricole, très gourmand en eau. Vincent Labarthe, vice-président à la Région en charge de l’agriculture, nuance le propos.


Le monde agricole est souvent montré du doigt quand il est question de restrictions d’eau. À tort ? Je tiens tout d’abord à préciser que l’on a une surface irriguée qui n’est pas si importante que ça. Après, il y a une réalité qui est que le besoin d’eau en agriculture se situe sur la période estivale où tout le monde a besoin d’eau. Ensuite, on est souvent décriés par rapport à l’utilisation que l’on en fait. Mais on observe une grande diversification sur des cultures à forte valeur ajoutée comme l’arboriculture ou le maraîchage. On voit bien qu’il y a une réorganisation de l’utilisation de l’eau sur notre région.


Pour autant, il y a encore des efforts à faire. Qu’est-ce qui est prévu pour les agriculteurs dans le plan Eau ? Il faut d’abord renforcer toutes les mesures d’économie, en investissant sur le matériel, mais aussi en maîtrisant davantage la période d’irrigation. Ces mesures étaient déjà en place mais devaient être amplifiées pour réussir à toucher tout le monde.

Il y a ensuite la question de l’utilisation des réserves en place, notamment du curage des retenues collinaires qui va nous permettre, sur certains départements comme le Tarn-et-Garonne ou le Lot, de regagner 1/3 de nos capacités. On va aussi travailler sur des ouvrages sous-utilisés, l’idée étant de les interconnecter. Avant de songer à créer des réserves, commençons à mobiliser tout notre potentiel existant. La réutilisation des eaux usées (Reut), trop peu utilisée jusqu’à maintenant, constitue également un axe important.


Vous souhaitez également mettre en place des contrats d’agriculture durable. De quoi s’agit-il ? L’idée est que l’agriculteur fasse un pas de côté pour s’interroger sur son système de production. On lui finance quatre jours de formation qui peut porter sur l’irrigation comme sur d’autres sujets, pour l’aider à se poser les bonnes questions sur l’avenir de son exploitation dans le contexte du dérèglement climatique.


Vincent Labarthe, vice-président à la Région en charge de l'agriculture

Vincent Labarthe, vice-président à la Région en charge de l’agriculture


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