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ENQUÊTE

Demain tous colocs ?

PAR Julie GUÉRINEAU et Charlotte CAUSIT | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 8 min

À Toulouse comme dans beaucoup de villes françaises, les loyers n’ont jamais été aussi élevés, les débuts de carrière aussi instables, et les retraites aussi précaires. Résultat : la colocation, autrefois réservée aux étudiants et aux idéalistes, connaît une progression record, se diversifie, et séduit de plus en plus les jeunes actifs et les retraités. Par choix ou par contrainte.

Longtemps, on a imaginé la colocation réservée aux étudiants idéalistes et fauchés menant une vie de dilettante entre études, petits boulots et fêtes épiques. Mais aujourd’hui, l’image d’Épinal n’est plus tout à fait d’actualité. À Toulouse comme dans plusieurs grandes villes françaises, le marché de la colocation bondit de 30 à 40 % par an. « Le phénomène n’est pas nouveau, mais depuis une dizaine d’années, il touche des groupes sociaux différents », observe Fabrice Escaffre, chercheur et maître de conférences en Aménagement et Urbanisme à l’Université Toulouse-Jean-Jaurès. Et dans les colocs toulousaines, des kinés côtoient désormais des ingénieurs, des instits et des retraités. Loin, donc, du cliché du colocataire étudiant et fauché.

À Toulouse, cette progression spectaculaire de la colocation coïncide avec une hausse constante des loyers, qui ont atteint de nouveaux sommets cette année. Selon des chiffres publiés en mars par LocServices, qui gère des locations entre particuliers, ils auraient augmenté de 3,07 % entre 2017 et 2018. L’observatoire des loyers de l’AuaT, l’agence d’urbanisme et d’aménagement de l’aire métropolitaine de Toulouse, se veut lui moins alarmiste, avec une augmentation de 0,1 % par an depuis 2013. Mais il ne prend en compte que les logements loués vides, dont les loyers sont plus faibles.

Dans les colocs toulousaines, des kinés côtoient désormais des ingénieurs, des instits et des retraités. Loin du cliché du colocataire étudiant et fauché..

À ce jour, aucune étude n’a encore démontré la relation entre les deux phénomènes à Toulouse.…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.