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REPORTAGE

Jungle urbaine

PAR Julie GUÉRINEAU | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 6 min

Quand on pense « trottoirs », on pense plus volontiers « crottes de chiens » que « biodiversité ». Pourtant les rues toulousaines regorgent de centaines d’espèces de plantes, souvent comestibles, qui constituent un formidable garde-manger pour la faune. Nous avons arpenté les trottoirs du Busca avec Boris Presseq, botaniste au Museum de Toulouse, pour partir à la découverte de cette flore méconnue.

D’un geste délicat, Boris Presseq détache la longue graine d’une petite plante à fleurs roses qui, lentement, se met à s’enrouler en tire-bouchon au creux de sa main. Stratégie redoutable pour s’enfoncer profondément dans le sol. « C’est un spécimen fabuleux pour intéresser les enfants à la nature ! », sourit-il. Pour trouver ce bec-de-grue si fascinant, pas besoin d’arpenter la campagne. C’est au milieu d’un carrefour passant, sur un petit terre-plein planté de tilleuls à deux pas du Jardin des Plantes, que le botaniste du Museum l’a déniché en quelques secondes.

Depuis 2004, Boris Presseq dresse un inventaire des plantes qui poussent en ville à Toulouse et a participé à l’élaboration d’un herbier de la flore urbaine locale. En ce rare après-midi ensoleillé d’avril, il nous emmène à la découverte d’une flore étonnamment variée. Arbres, herbes, mousses, graminées, plantes grasses, fougères, palmiers, lianes et plantes aquatiques : plus de 800 espèces végétales ont déjà été recensées à Toulouse. Elle se plaisent dans le bitume et les bouches d’égouts, au pied des murs, dans nos gouttières et sur nos toits. Même si on les arrache, on les coupe, on les piétine ou on les pulvérise. Et tous les ans, de nouvelles espèces se fraient un chemin dans nos rues. Des espèces endémiques transportées par le vent ou les oiseaux, potagères ou horticoles issues de graines échappées des…

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.