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Programme court

Culture

PAR Jean COUDERC | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 5 min

Comme il n’est pas forcément évident de s’y retrouver dans le magma des mesures proposées par les uns et par les autres, Boudu vous propose, chaque semaine, de résumer les principales propositions des candidats, thématique par thématique. Cette semaine, la culture.

Archipel Citoyen
Pour Antoine Maurice, comme pour l’ensemble des candidats de gauche, la baisse des subventions aux acteurs culturels a été une erreur. Il propose, dès lors, de revenir, a minima, au niveau initial, à savoir celui de 2014. Pour le reste, la tête de liste d’Archipel Citoyen ne manque pas d’idées : il veut notamment créer une « Cité des imaginations », sur le site de l’ancienne Prison Saint-Michel, en lien étroit avec les structures voisines comme le quai des savoirs mais aussi multiplier les « lieux intermédiaires » pour « proposer aux acteurs culturels, artistes et habitants, des écrins pour accueillir différents projets » dans tous les quartiers. Antoine Maurice compte par ailleurs faire de Saint-Cyprien un « quartier des arts vivants », en en faisant « un espace où artistes, créateurs, habitants puissent se croiser, partager, s’influencer ». Autre projet, la création d’une maison des cultures dans le quartier de la Reynerie ainsi que celle d’une plateforme européenne des arts du mouvement, qui regrouperait le cirque, la danse et le mouvement aux Argoulets où se trouvent déjà le Lido et La Grainerie. Antoine Maurice promet enfin de «redéployer les grands événements sur l’ensemble du territoire », comme le festival Rio Loco afin « de toucher tous les publics tout en créant du lien social ».

Pour la cohésion ! L’autre choix
« Le mandat de M. Moudenc est celui d’une absence de politique culturelle. » Pour l’ancien maire de Toulouse et Ramonville, le bilan du maire actuel en matière de culture n’est pas bon. Il lui reproche notamment d’avoir vendu certains lieux culturels comme la Cartoucherie ou l’espace Croix-Baragnon mais aussi de se contenter de subventionner les manifestations « institutionnelles ». Pierre Cohen s’engage donc à « rétablir le budget de la politique culturelle, précédant les coupes de l’actuelle municipalité », et à « le sanctuariser pour tout le mandat ». L’ancien locataire du Capitole propose également de « développer six tiers-lieux de la créativité, dans chacun des secteurs de la ville, pour « mettre en réseau l’ensemble des structures culturelles » et « porter une véritable attention à la place des artistes dans la cité ». Il promet aussi une « coopérative culturelle » qui aura vocation à « regrouper tous les acteurs (équipements, artistes et associations) pour coconstuire la politique culturelle de Toulouse qui planchera notamment sur le besoin de grands événements à Toulouse. À ce sujet, il s’est montré favorable à ce que le quartier Matabiau en accueille un, en lieu et place de la Tour d’Occitanie.

Une nouvelle énergie
La candidate d’Une nouvelle énergie n’est pas, elle non plus, tendre avec le maire sortant s’agissant de son bilan culturel. Aussi Nadia Pellefigue affiche une ambition : faire de Toulouse une grande capitale de la culture. Comment ? Tout d’abord, en créant une maison des artistes pour faire émerger les talents et endiguer leur fuite ailleurs. Ensuite en développant et en renforçant les lieux culturels de proximité, principalement les centres culturels et en créant des « faites de la culture » dans tous les quartiers ; enfin en transformant l’île du Ramier en île des festivals avec l’idée d’organiser un événement estival d’envergure pour affirmer la spécificité de la ville ou en fusionnant la programmation de festivals existants comme Rio Loco, les Siestes électroniques ou le Marathon des mots. La vice-présidente du Conseil régional veut par ailleurs s’inspirer de l’octogone cher à Joan Busquets pour proposer une promenade reliant l’ensemble des lieux culturels qui les jalonnent (les Abattoirs, le musée de l’affiche, le muséum, le Quai des Savoirs, le TNT, la halle aux Grains, …) en transformant des ronds-points ou carrefour en espaces de vie et de rencontre.

Toulouse Belle & Forte
A l’heure où nous publions ces lignes, l’ancien adjoint en charge du logement de Jean-Luc Moudenc n’a pas dévoilé l’entièreté de son programme en matière culturelle… ce qui ne l’a pas empêché de dénoncer le « manque de cohérence » de la politique culturelle actuelle. Pour le reste, il a annoncé vouloir revoir les conditions de gratuité pour l’accès aux musées pour les Toulousains, mettre à la portée de tous les enfants, à l’école, la formation musicale, le chant et/ou la danse et réaliser des activités « hors les murs » en établissant plus de projets de médiation culturelle, notamment autour du graff, de la photo et des cultures émergentes.

  

Aimer Toulouse
Le maire de Toulouse aura eu le mérite de ne pas faire preuve de dogmatisme sur le sujet de la Machine. Un temps hostile au projet, jugé trop onéreux, Jean-Luc Moudenc a finalement consenti à mettre la main à la poche pour permettre aux Toulousains d’admirer le Minotaure. Encouragé par le succès populaire de la manifestation, il se dit favorable à la mise en place d’une biennale de l’art de rue à Toulouse et, dans ce cadre, de l’organisation d’une nouvelle édition du spectacle de la Compagnie de Delarozière avec, cette fois, un recours possible au partenariat avec des entreprises ou acteurs privés. Sinon la tête de liste d’Aimer Toulouse fait du neuf avec du vieux en ressortant le projet d’auditorium à la place de la prison Saint-Michel qui figurait déjà dans son programme de 2014. L’État ayant considérablement revu le prix de cession du bâtiment à la baisse, le maire, en cas de réélection en mars prochain, devrait se porter acquéreur. Quant au projet de la cité des arts sur le site de La Grave, si le candidat Moudenc ne l’a pas enterré, on ne sait pas, à l’heure où nous publions ces lignes ce qu’il compte en faire précisément…

Rassemblement toulousain
Le candidat du Rassemblement national, dont l’ambition est d’accéder au second tour en captant notamment l’électorat de gauche sur les quartiers périphériques, s’est prononcé en faveur du maintien des subventions en vigueur pour le secteur associatif et culturel. Il entend par ailleurs créer une école des arts dramatiques pour accroître la formation d’artistes locaux ainsi qu’un espace pouvant accueillir des expositions nationales et internationales. Il veut enfin créer une application interactive, innovante et culturelle pour permettre de relier de façon permanente les Toulousains, les acteurs culturels et les touristes à l’histoire et au patrimoine de la ville.

 

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.