Enquête

Quentin Lamotte : Rajeunissement national

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le 5 février 2020 Temps de lecture : 6 min.
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Comme Jordan Bardella sur la scène européenne, Quentin Lamotte, 32 ans, incarne le nouveau visage du Rassemblement National à Toulouse, celui d’un parti qui joue la carte jeune pour faire oublier les caciques d’antan. Inspiré par la pensée d’Éric Zemmour et le mandat de Robert Ménard, ce fils d’éleveurs de chèvres de Touraine arrivé à Toulouse en 2008 sera le candidat RN au Capitole en mars prochain. Inconnu mais ambitieux, il entend profiter de la multiplication des listes et des candidats pour s’inviter au deuxième tour.

« Quentin Lamotte ? Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise sur lui ? Il suscite chez moi plus l’indifférence que la crainte. » Dans les travées du conseil régional, les coups sont bas et le verbe haut quand il s'agit d'aborder la candidature aux municipales du benjamin de l'Assemblée. Certains à gauche évoquent, sous couvert d'anonymat, un homme « de façade », « sans réelle vision pour Toulouse », quand d'autres élus de l'opposition parlent d'un « opportuniste » qui n'a « que sa jeunesse à faire valoir ». Voilà le natif de Nanterre habillé pour l'hiver et la campagne. Écharpe nouée autour du cou, Quentin Lamotte rigole dans sa barbe finement taillée à l'idée d'évoquer son année de naissance. « 1987. Un des plus jeunes candidats des municipales en France ». Un atout ou une faiblesse ? « Je n'ai pas encore de passé politique ancré à Toulouse, pour ainsi dire, je suis assez lisse. De là à susciter l'indifférence, je ne suis plus sûr. Je pense même que certains ont peur. »

Les mots sont choisis, le ton plus affirmé dès que le candidat étiqueté « Rassemblement toulousain » vient à parler de ses ambitions : faire mieux, voire doubler le score de son prédécesseur Serge Laroze et ses 8,15 % aux municipales de 2014. En clair, s'assurer une place au second tour. « J'y serai. Dans un duel face à Jean-Luc Moudenc ou dans une triangulaire, peu importe », estime Quentin Lamotte qui voit la multiplication des listes jouer en sa faveur. La tâche parait pourtant compliquée. Historiquement, Toulouse n'a jamais voté massivement pour les candidats de l'ex-Front National. Ses conseillers municipaux ont d'ailleurs déserté le Capitole depuis 2001. L'intéressé peut aussi en témoigner après son revers cuisant lors des législatives de 2017 où il a recueilli seulement 7,7 % des voix dans la 1ère circonscription de Haute-Garonne. Chemise blanche près du1

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