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AZFChronologie

le 4 septembre 2021
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De la création de l’Onia en 1924 à la diffusion du procès programmée en 2059, voici l’histoire du pôle chimique du sud-ouest toulousain, né d’une prise de guerre et enseveli sous les gravats du 21 septembre.

 

1924 • Naissance
L’Office National Industriel de l’Azote (Onia) voit le jour, usine d’engrais agricoles détenue par l’État, implantée stratégiquement dans la campagne toulousaine, loin des frontières allemandes et à proximité d’un terminal ferroviaire. La production d’ammoniaque est rendue possible par la cession à la France par les Allemands du brevet de fabrication, en réparation des dommages de guerre.

1950 • Prospérité
L’usine emploie jusqu’à 3 500 personnes et produit 1000 tonnes d’ammoniaque et 800 tonnes d’acide nitrique par jour.

1984 • AZF
Soumise à la concurrence des pays de l’Est, l’Onia perd de sa superbe. Elle fusionne en 1967 avec la Société domaniale des potasses d’Alsace, et devient Azote et Produits Chimiques (APC), avant d’être rebaptisée AZF (AZote Fertilisants) en 1984.

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21 septembre 2001

10 h 17 m 55 s • Explosion
Le hangar 221 de l’usine AZF abrite un stock de 300 tonnes de nitrate d’ammonium. À 10h17, le stock explose, provoquant un séisme de magnitude 3,4. Se forme alors sur le site classé « Seveso », propriété de la société Grande Paroisse, filiale du groupe Total, un cratère de 6 m de profondeur.

10h30 • Horreur
En ville, le paysage est apocalyptique. Les gens hurlent, les vitres sont brisées et de nombreux bâtiments se sont effondrés. Les secours sont déjà sur place. Le plan Rouge est déclenché.

11h15 • Toxique ?
La préfecture appelle via les radios, des haut-parleurs dans les rues et la télévision les habitants à se calfeutrer chez eux en raison de la possible toxicité du nuage engendré par l’explosion.

12h00 • Rassurant
On apprend que le nuage, à l’odeur d’ammoniac n’est pas dangereux.

16h00 • Chirac touché
Le président de la République Jacques Chirac atterrit à Toulouse à 16 heures. « On ressent une très grande peine en arrivant, confie-t-il. On a l’impression qu’on est personnellement touché. »

20h30 • Les consignes de sécurité sont levées
Le bilan provisoire est de 19 morts et au moins 650 blessés hospitalisés. Le bilan officiel fera état de 31 morts, dont 21 employés sur le site, 2 500 blessés, des milliers de vitres endommagées, 27 000 logements, 3 500 entreprises et 120 établissements scolaires soufflés.

25 sept. 2001 • « Plus jamais ça ! »
Près de 10 000 personnes manifestent dans les rues de la ville avec comme slogan : « Plus jamais ça ! », tenant pour responsable de la catastrophe le groupe Total.

28 sept. 2001 • Accident ?
Alors que les Twin Towers en feu sont encore dans toutes les têtes, le procureur de la République annonce que, concernant l’explosion de l’usine AZF, la piste de l’accident est privilégiée « à plus de 90 % ».

2002
Le nouveau Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, interdit l’utilisation de gaz phosgène, une arme chimique tristement célèbre depuis la Première Guerre Mondiale, SNPE, entraînant la suppression de 500 emplois.

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30 mars 2004 • Naissance du canceropôle
Nommé un mois auparavant ministre de la santé du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, le maire de Toulouse Philippe Douste-Blazy annonce la construction sur le site de l’ancienne usine AZF d’un grand pôle anticancer européen regroupant 2200 chercheurs du public et du privé.

Nov. 2004 • Non-lieu
Le juge d’instruction Thierry Perriquet prononce un non-lieu à l’égard des neuf salariés mis en examen pour non-observation des règles de sécurité et autres manquements.

16 mai 2006 • Rapport final
Cinq ans après l’explosion, dans le rapport final remis au tribunal correctionnel de Toulouse, les experts concluent à un accident provoqué par la mise en contact de deux produits incompatibles 20 mn avant l’explosion.

Sept. 2006 • Premier coup de pioche
Après la dépollution du site, les travaux démarrent sur le canceropôle avec la première pierre d’un bâtiment des Laboratoires Pierre Fabre.

11 juin 2007 • Fuite
Une fuite d’acide chlorhydrique est détectée dans l’usine Isochem, voisine de l’ancienne usine AZF. Un nuage irritant mais non toxique s’échappe du site. « Incident sans conséquences », rassurent les autorités.

23 fév. 2009 • Premier procès
3 000 plaignants, 2 000 parties civiles, 50 avocats et 200 journalistes sont réunis 4 mois durant salle Jean-Mermoz. Pour la première fois en France un procès devant un tribunal correctionnel est filmé.

18 nov. 2009 • Inauguration du canceropôle
Le maire de Toulouse, Pierre Cohen, coupe le ruban de la première réalisation du cancéropôle : l’institut des technologies avancées en sciences du vivant (ITAV)

19 nov. 2009
Relaxe générale au bénéfice du doute. Le lendemain, parquet et parties civiles font appel.

3 nov. 2011 • Deuxième procès
Les prévenus se retrouvent pour le procès en appel, salle Jean-Mermoz.

24 sept. 2012 • Peines maximales
Le parquet du Tribunal correctionnel de Toulouse retient la thèse de l’accident chimique et requiert une peine de trois ans d’emprisonnement avec sursis et 45 000 euros d’amende pour l’ex-directeur de l’usine AZF Serge Biechlin, ainsi que 225.000 euros d’amende pour Grande Paroisse. Les condamnés se pourvoient en cassation tandis que Total et son ex-PDG, sont mis hors de cause.

1er fév. 2015 • Annule et remplace
La Cour de cassation annule la décision d’appel sur AZF, retenant notamment la mise en cause par la défense de l’impartialité de l’une des magistrates qui était au moment du procès vice-présidente de l’association INAVEM (Institut National d’Aide aux Victimes et de Médiation) en lien avec certaines parties civiles.

5 février 2015 • Héros
On apprend la mort du colonel des sapeurs-pompiers Claude Donin, décoré en 2001 à titre collectif par le Premier ministre Lionel Jospin pour l’action des secours lors de la catastrophe.

Janv./mai 2017  • Troisième procès
Nouveau procès en appel à Paris.

31 oct. 2017 • L’appel
La Cour d’appel de Paris condamne l’ancien directeur de l’usine, Serge Biechlin, à 15 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende et la société Grande Paroisse à une amende de 225 000 euros.

17 déc. 2019 • La fin
La Cour de cassation rejette les pourvois de l’ancien directeur de l’usine et de la société exploitante. Elle confirme l’arrêt de 2017 et ferme ainsi, 18 ans après l’explosion, la porte à un quatrième procès.

30 juin 2059
Les 400 heures d’audience filmées lors du procès de 2009 sont rendues publiques.

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