top of page

Le dernier des grands bazars

Mathis Sentenac
il y a 1 jour
6 min de lecture

Depuis huit décennies, Midica bat le pavé toulousain, de l’échoppe modeste de l’immédiat après-guerre au vaisseau amiral de la place Esquirol. Récit d’une transformation réussie au sein de la même famille.


Midica - ©DR

Tout débute en 1946, dans les décombres de la Libération. Marcel Garrigou, aïeul des actuels dirigeants, déniche des stocks d’invendus en caoutchouc – matière alors massivement fléchée vers la fabrication de pneus pour l’industrie automobile – et inaugure une petite boutique de 40 m2. Installée au 9 place de la Trinité, l’enseigne se nomme alors Midi Caoutchouc. Le succès est immédiat pour ce commerce de nécessité qui répond aux besoins d’une France en pleine reconstruction. « À l’époque, notre grand-père avait besoin de travailler et a su saisir cette opportunité », relate Olivier Garrigou. Dix ans plus tard, le commerce change de dimension et migre vers son emplacement actuel, place Esquirol, où il adopte l’abréviation que les Toulousains lui donnent déjà : Midica. L’enseigne investit un lieu au riche passé, un édifice du xixe siècle ayant abrité le magasin « Maison Lapersonne », véritable pionnier du négoce toulousain, ravagé par les flammes en 1934. Le bâtiment s’élève progressivement, et entame une croissance verticale qui marquera l’urbanisme de la Ville rose.


C’est dans cet écrin que Marcel Garrigou va démontrer tout son flair commercial. À la fin des années 50, il anticipe la folie naissante des scoubidous et constitue de larges réserves de ces fameux fils en plastique. Face à la frénésie des cours de récréation, Midica devient l’un des rares repaires de la ville pour s’en procurer. Résultat : des files d’attente monumentales se forment place Esquirol.

Vous souhaitez en lire plus ?

Abonnez-vous à boudulemag.com pour continuer à lire ce post exclusif.

bottom of page