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Occitans ?

  • Jean Couderc et Stéphane Thépot
  • 3 juil.
  • 14 min de lecture

10 ans après la mise en place de la nouvelle Région, l’heure est venue de faire un premier bilan. Pour mesurer si l’Occitanie est devenue une réalité, nous nous sommes tournés vers des acteurs de différents domaines (culture, économie, gastronomie, numérique, etc.). Instructif.


© Rémi Benoit

« La vérité, c’est qu’avant la fusion, nous n’avions pas de coopération avec Montpellier. » Cette phrase, dont l’auteur n’est autre que Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, ils sont nombreux à l’avoir prononcée au cours de notre enquête. Pour Sophie Garcia, première présidente du Medef Occitanie, les relations entre les entreprises des deux anciennes régions étaient inexistantes avant la décision politique de marier les deux entités : « Chacun travaillait en silo sans se préoccuper de l’autre. » Tout juste élu à la tête de l’UIMM lors de la fusion, Bruno Bergoend se souvient d’un choc des cultures lors de sa première visite en Languedoc-Roussillon : « C’était deux mondes différents. On s’est un peu regardés en chien de faïence. Il faut bien reconnaître qu’il y a 10 ans, les deux régions n’avaient pas vraiment besoin de travailler ensemble. » Un avis partagé par l’ancien directeur de cabinet de Carole Delga, Laurent Blondiau, pour qui les deux métropoles s’ignoraient ou se méconnaissaient, autour de « beaucoup de clichés, de part et d’autre ».


Même son de cloche dans l’univers du numérique, où Amélie Leclercq, directrice générale de Digital 113, né de la fusion le 1er janvier 2019 des réseaux DigitalPlace (Midi-Pyrénées) et FrenchSouth.digital (Languedoc-Roussillon), se souvient d’un écosystème historiquement davantage tourné vers Bordeaux, et de certains chefs d’entreprise « qui auraient préféré un rapprochement avec l’Aquitaine. » À La Mêlée, qui s’intéresse davantage aux usages du numérique, on n’avait pas attendu la fusion décidée en haut lieu pour se rapprocher de Montpellier en créant, dès 2014, une succursale pour pouvoir travailler « à un échelon régional », précise Édouard Forzy, son fondateur. Mais, alors que les débuts sont plutôt encourageants, très vite, la machine se grippe. « On nous a fait comprendre que l’on était un peu trop toulousain, qu’on prenait un peu trop de place. » Loin de jeter l’éponge, l’association qui œuvre depuis plus de 15 ans à la promotion du numérique, persiste en organisant des évènements communs à Narbonne, Carcassonne, ou en mettant en place une nuit des réseaux à Montpellier. Mais, faute de suffisamment de soutien, notamment institutionnel, l’association réduit la voilure en 2019. « La greffe du business, à ce moment-là, n’avait pas trop pris. On voulait bien se voir de temps en temps. Mais chacun faisait son truc de son côté. »

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