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Tourisme durable : en transition

  • Photo du rédacteur: Jean Couderc
    Jean Couderc
  • 7 juil.
  • 16 min de lecture

Percuté de plein fouet par la crise Covid, le tourisme cherche depuis à se réinventer en tentant de concilier responsabilité et rentabilité, deux notions qui ne font pas toujours bon ménage. En Occitanie, où le secteur est le 2e plus important en nombre de salariés juste derrière l’agriculture, l’enjeu est de taille. Au point que les décideurs ne ménagent pas leur peine ni leurs moyens, pour faire du territoire une destination de référence en matière de tourisme durable. Boudu est allé à leur rencontre pour comprendre le phénomène.


Maison de l'eau à Jû-belloc - © Rémi Benoit
Maison de l'eau à Jû-belloc - © Rémi Benoit

C'est le terme à la mode. Le tourisme durable est sur toutes les lèvres, dans tous les discours, au cœur de toutes les stratégies. « C’est un mot valise dans lequel chacun met ce qu’il veut, ce qui est en général pratique dans un propos politique, institutionnel ou professionnel », résume, un brin cynique, Saskia Cousin, anthropologue et professeur de sociologie à l’Université Paris-Nanterre, tout en rappelant que la définition, comme le concept, n’est pas récent. Il y a 30 ans, la charte de l’Organisation Mondiale du Tourisme en définissait les contours : « Un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil. » Tout un programme que la chercheuse s’empresse de mettre en perspective. « Quand on parle d’un tourisme qui tient "pleinement compte de ses impacts", comment le mesure-t-on ? Idem pour les besoins des visiteurs, de l’environnement ou des communautés d’accueil. De quels besoins parle-t-on précisément ? »

J'ai fait installer des toilettes sèches dans toutes les cabines
© Arekusu

Pour l’universitaire, la charte ciblait surtout l’industrie aérienne, dans le viseur, dès les années 70, « d’un certain nombre de rapports sur les enjeux climatiques  ».

Mais ne nous trompons pas, avertit Saskia Cousin, l’objectif était alors de « faire perdurer le tourisme » plus que de le limiter. « Quand on voit que l’on fonctionne toujours avec la convention de Chicago de 1944 qui repose sur la non-taxation du transport aérien, ça laisse songeur. Tant qu’il n’y aura pas de réflexion sur l’avion, le tourisme durable restera quantité négligeable. Dans les faits, il n’y a pas grand-chose qui a changé depuis. »

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