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CHRONIQUE

Histoire : Le pont des demoiselles (ou pont des putes)

PAR Marine GASC
Temps de lecture 3 min

Tous les mois, la blogueuse Marine Gasc vulgarise l’histoire de Toulouse à travers des anecdotes croustillantes.

ÉPISODE 1
Le pont des Demoiselles a succédé en 1971 au pont de Montaudran, lui même édifié en 1683 afin d’enjamber le canal royal du Languedoc (renommé canal du Midi durant la Révolution) tout juste terminé. Au XVIIe siècle, sur les consignes de Pierre-Paul Riquet, les travaux vont bon train et les chantiers sont nombreux dans la ville. On estime à 12 000 le nombre d’hommes ayant travaillé sur le canal du Midi entre Toulouse et la Méditerranée. Comme le travail est pénible et dangereux, Riquet décide de soigner ses ouvriers en les payant généreusement. Faut dire qu’il se sert directement dans le trésor royal, alors c’est facile ! Munis de pelles et de pioches, les hommes passent toutes leurs journées à creuser, et quand la nuit tombe, ils ont les moyens d’aller boire quelques bouteilles dans les auberges et les tavernes, mais aussi de se payer la compagnie de Toulousaines et d’acheter leurs services les plus intimes !
Au xve siècle, les prostituées toulousaines étaient au Château Vert, le bordel géré par les Capitouls. Il s’agissait d’une maison close publique où il n’était vraiment pas facile de travailler. Les filles ne choisissaient pas leurs clients et faisaient un grand nombre de passes en journée mais aussi la nuit, dans le but de faire rentrer du fric dans les caisses de la ville. À la fermeture du bordel et au début du xviie siècle, les filles sont obligées de changer de stratégie. Il faut ressortir, réinvestir les trottoirs de la ville et le projet du canal du Midi paraît être une aubaine.


Et oui ! Si au Moyen-Âge, les prostituées suivent les armées, certaines de pouvoir réconforter quelques soldats, au xviie siècle, les filles de joie suivent les chantiers et donnent de l’amour aux ouvriers. Enfin, de l’amour… Façon de parler… Une véritable vie de quartier s’installe près du canal royal du Languedoc. On y trouve de nombreuses tavernes et à la fin du chantier, certains ouvriers s’y installent, ainsi que des familles, mais aussi les filles de joie.
Finalement, lorsque le pont de Montaudran est terminé en 1683, il récupère le petit surnom de « pont de la putos », le pont des putes… C’est peu élégant ! Les « demoiselles » sont restées dans le quartier durant plusieurs années. Ce n’est sans doute pas un hasard si la rue Monplaisir se trouve si proche du pont des Demoiselles !

Retrouvez Marine Gasc sur le blog Raconte-moi l’Histoire

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