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PORTRAIT

Maguelone Pontier : en bottes jarretelles

PAR Jean COUDERC et Sébastien VAISSIERE | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 11 min

Depuis le 1er juillet dernier et la prise de pouvoir du Marché d’intérêt national de Toulouse par Rungis, Maguelone Pontier en est la nouvelle directrice. Sa feuille de route ? Relancer une structure chroniquement déficitaire en attirant de nouveaux acteurs et en l’ouvrant au grand public. Un défi majuscule qui ne fait pas peur à cette jeune femme de 32 ans habituée aux challenges et aux environnements testostéronés.

En cette matinée brumeuse et pluvieuse de décembre, les visiteurs se font rares dans les allées de ce que beaucoup continuent  d’appeler le « Marché gare ». Sur le carreau des producteurs balayé par le vent, l’heure, pourtant matinale – il est à peine 6h45 – est déjà au rangement des cageots. Les mines sont soucieuses et fatiguées. Le bâtiment a beau être l’un des plus fonctionnels de France, il y a des endroits plus agréables pour travailler, surtout quand à l’extérieur, le thermomètre affiche des températures négatives. C’est dans cet univers assez rude que Maguelone Pontier a décidé d’évoluer en prenant la direction du Marché d’intérêt national de Toulouse (MIN). Difficile de ne pas être étonné lorsqu’on croise cette jeune femme,  très élégante, dans les coursives du marché. Car si le lieu n’est pas (complètement) dénué de présence féminine, il l’est en revanche de jupes et de talons. Or pour la nouvelle gestionnaire, il n’est pas question de renoncer à sa féminité pour se fondre dans le paysage. Il faut dire que Maguelone Pontier, en dépit des apparences, n’est pas, au MIN, complètement en terre inconnue.

Les bottes et les vieux
Lorsque Michel Pontier, son père, parvient à convaincre son épouse d’abandonner Paris pour devenir agriculteur à Fabrègues (Hérault), Maguelone n’est pas encore née. Elle ne voit donc pas ses parents faire le choix très audacieux d’arracher les vignes pour se lancer dans les céréales. « C’était…

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.