Dans la lumière
Leurs noms ne vous diront probablement pas grand-chose. Pour certains, même leurs instruments vous seront étrangers. Ensemble, ils forment pourtant ce qui se fait de mieux (ou presque) en Europe, et même dans le monde, en matière d’orchestration. Une fois n’est pas coutume, nous avons voulu mettre à l’honneur les musiciens de l’Orchestre national du Capitole. Après les sept premiers portraits publiés dans notre précédent numéro, voici les sept suivants. Soit 14 musiciens au total, un par pupitre.

Gabrielle Zaneboni, à force de persévérance
Chez les Zaneboni, on écoute beaucoup de musique. Alors, comme sa grande sœur, flûtiste, Gabrielle est inscrite à l’école de musique du village, dans l’Isère, où le directeur l’incite à choisir le hautbois. Elle développe très vite de réelles aptitudes pour l’instrument… sans pour autant s’imaginer un avenir dans la musique. « Je ressentais une espèce de barrière, financière et peut-être un peu sociale aussi. Cela ne me paraissait pas pour moi. »
Sinon que ses différents professeurs ne l’entendent pas de la même oreille. Que ce soit à l’école de musique ou au conservatoire de Grenoble, on l’encourage à voir plus grand. Le bac en poche, elle réussit son entrée au Conservatoire à rayonnement régional de Paris. Consciente des sacrifices consentis par ses parents pour lui offrir un hautbois, elle décide d’assurer ses arrières en s’inscrivant à la fac de droit de Grenoble. Une année d’allers-retours lui fait prendre conscience de la nécessité de faire un choix. Ce sera celui de la musique. Après avoir souscrit un prêt et trouvé un petit boulot pour vivre son rêve parisien, elle intègre le Conservatoire national supérieur. Quatre ans plus tard, c’est avec l’Orchestre du Capitole qu’elle signe son tout premier contrat. « Je voulais vraiment faire de l’orchestre. Et puis j’aspirais à de la stabilité dans ma vie. » 16 ans plus tard, celle qui dit avoir trouvé son équilibre en faisant beaucoup de sport, notamment du crossfit, parce qu’« une journée à l’orchestre, ça demande énormément de concentration », se dit épanouie. Tout simplement.
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