L’ombre verte
- Jean Couderc

- il y a 14 heures
- 9 min de lecture
En acceptant de s’effacer au profit de François Briançon pour la mairie de Toulouse, Régis Godec est devenu la pierre angulaire de l’union de la gauche. Mais qui est ce bibliothécaire de 52 ans, préféré à Antoine Maurice par les militants écologistes pour porter haut les couleurs de leur parti, qui pourrait devenir le prochain président de la Métropole dans quelques semaines ?

Chez Régis Godec, le fond prime sur la forme, et ça se voit jusque dans son look, simple et efficace. Gageons que l’homme ne doit pas être du genre à s’éterniser dans la salle de bains, et pas uniquement parce qu’en tant qu’écologiste, il se fait un devoir d’économiser l’eau. Attention néanmoins à ne pas se laisser aller à des conclusions trop hâtives. Si l’homme peut dégager, de prime abord, une impression de froideur, n’allez pas croire qu’il ne ressent aucune émotion. C’est du reste un vif émoi, en découvrant les conséquences du naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978, qui va l’éveiller à l’écologie. « Voir l’ensemble de la côte du Finistère Nord entièrement mazouté, c’est un choc, surtout quand on n’a que 5 ans. » Il ne grandit cependant pas dans un environnement spécialement « écolo », à une époque où, en Bretagne, notamment du côté de Morlaix, « la culture intensive est très développée ». Pensionnaire au lycée agricole, quelques années plus tard, au contact d’enfants d’agriculteurs qui travaillent à la ferme avec leurs parents « dans une logique de reproduction », il découvre la puissance du lobby agricole lors du scandale des algues vertes : « Je vois bien que la conception d’un animal d’élevage ne prend absolument pas en compte la question de la condition animale. Un veau, c’est un animal qu’on va faire grossir pour produire de la viande. Point barre. »
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