Maire, le grand malaise ?
- Jean Couderc, , Chloé Dasquet, Tom Passicot et Quentin Toneatti
- 2 mars
- 7 min de lecture
Avec près de 2200 démissions de maires en France depuis 2020 selon une étude menée par le Cevipof et l’AMF, l’élu le plus apprécié des Français dans les enquêtes d’opinion semble avoir perdu de son lustre.À quelques semaines de repasser dans l’isoloir, Boudu a cherché à comprendre ce qui clochait dans les mairies de la région, particulièrement en milieu rural.

En 2026, je ne serai pas candidat à ma succession ». Cette phrase, les habitants des communes rurales françaises l’ont entendue plus souvent qu’à l’accoutumée ces derniers mois. Avec une moyenne hexagonale d’une quarantaine de démissions de maires par mois depuis juillet 2020, un niveau historique a été atteint. Et l’Occitanie n’échappe pas à la règle. Si les raisons sont nombreuses et variées, reste que le chiffre interroge.
Maire de Tarabel dans le Nord-Est de la Haute-Garonne, Sylvie Vivies n’ira pas au-delà de son premier mandat. « Très honorée d’avoir rempli cette fonction », elle ne se sent néanmoins pas la force de poursuivre son action en raison, notamment, d’un sentiment d’isolement au moment de prendre des décisions. « Je pensais que ça se ferait à plusieurs alors que dans les faits, le maire est vraiment la pièce centrale du village. Il y a une grosse différence entre la première adjointe et lui. » Consciente de ne pas être une « cheffe dans l’âme », elle déplore néanmoins avoir été jeté dans la fosse aux lions sans préparation. « Le gros problème, c’est qu’on prend le poste sans avoir été formé au préalable. On ne sait pas à quoi correspondent les acronymes SDEG, SRADEG ou SCOT. Ni ce qu’est précisément la fiscalité. » Et de se faire le porte-voix d’une secrétaire de communauté de communes, obligée tous les 6 ans d’apprendre les fondamentaux aux nouveaux maires. « Une perte de temps incroyable ».
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