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Panser les plaies

  • Johanna Decorse et Audrey Sommazi
  • il y a 9 minutes
  • 12 min de lecture

Sur le chemin de leur reconstruction, d’anciens militaires atteints du syndrome de stress post-traumatique ont pu mettre des mots sur des blessures restées longtemps invisibles. Leur parcours les a conduits à pousser la porte de l’une des six maisons Athos mises en place depuis 2021 par le ministère des Armées. Dans ces lieux refuge, comme à Beauteville, près de Toulouse, ils peuvent entrevoir un retour à « une vie normale ».


© Rémy Gabalda

Ils sont environ 3000 en France selon les chiffres de l’Office national des anciens combattants et du ministère des Armées. 3000 militaires et anciens militaires atteints d’un syndrome de stress post-traumatique dont les troubles se manifestent par des flash-back soudains faisant revivre une scène précise, des cauchemars récurrents, des peurs réflexes, des pensées intrusives, une altération de l’humeur… Un tiers de ses blessés psychiques résident dans le triangle Bordeaux-Toulouse-Bayonne, terre des parachutistes et des forces spéciales. Des lieux dédiés à leur reconstruction personnelle, sociale voire professionnelle ont été créés à partir de 2021 sous le nom de « maison Athos ». Il en existe six dans l’Hexagone et l’une des dernières à avoir ouvert, en septembre 2024, est à Beauteville, dans le Lauragais, à 35 kilomètres au sud-est de Toulouse.


Elle a pris ses quartiers en haut d’une colline, dans un vaste gîte loué par le ministère des Armées. Quatre-vingt-quatre militaires, actifs ou retraités, en sont membres et ont la possibilité de venir y séjourner en semaine, gratuitement, autant de fois qu’ils le jugent nécessaire. Il leur suffit d’appeler avant pour s’assurer que l’une des six chambres individuelles de la maison est libre. Les autres espaces sont partagés. Dans un décor à l’origine assez impersonnel, certains ont laissé une trace de leur passage, un peu d’eux-mêmes. Dans le grand salon avec cheminée, très haut de plafond, plusieurs œuvres de soldats artistes habillent les murs.

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