Pompiers, sauveurs en sursis ?
Deux nouveaux types de cancers sont officiellement reconnus comme maladies professionnelles des pompiers. Une victoire un peu tardive pour ceux qui ont dû se battre pour prouver ce que tout le monde présageait déjà. Actuellement, au Sdis 31, neuf personnes sont touchées par une maladie professionnelle, dont trois cancers.

C'est une histoire de tableau, avec des lignes, des colonnes, des critères et des noms scientifiques. Soit tu es dans le tableau, soit tu n’y es pas. Cédric Duvion y est, parce que le cancer de la vessie qui lui empoisonne la vie depuis trois ans est une maladie répertoriée dans le tableau. On parle du « Tableau n°16 bis des Maladies Professionnelles ». Lorsqu’une maladie est répertoriée dans ce document officiel, le travailleur malade voit ses frais de santé et le maintien intégral de son salaire pris en charge par son employeur. Une béquille financière et administrative primordiale. Mais, à l’époque où Cédric, sapeur-pompier à Colomiers, découvre son cancer, sa pathologie ne figure pas dans « le tableau ». On est en 2023, le professionnel de 40 ans passe une visite médicale de routine, quand du sang est dépisté dans ses urines. « Après plusieurs examens, le mot tombe : “cancer”. Déjà, ça, il faut le digérer. Après, on cherche les causes. Je ne fume pas, je ne bois pas…pourquoi moi ? Et là, on comprend que c’est mon travail qui m’a empoisonné. Ma profession de pompier m’a filé le cancer. » Et ce n’est pas fini : « L’épreuve la plus épuisante, c’est de prouver qu’on est malade pour toucher une assurance, puis de prouver que c’est le travail qui a causé la maladie. Ce combat juridique et administratif est celui de trop. Je n’avais pas la force. »
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