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  • BOUDU

Toulouzinc

Dernière mise à jour : 5 janv.


Pour parler humour et Sud-Ouest, rien de tel qu’un apéro au bistrot avec Mélissa (parisienne), Fred (vendéen) et Pat Borg (local de l’étape), le trio du Studio 55 révélé aux 3T et sur le web par la série Toulousains !. À la vôtre. 



Le Sud-Ouest, un matériau pour se marrer ?

Fred : Carrément. En arrivant, j’ai vite compris que c’était ma ville. L’apéritif à 18 heurs en terrasse, les paquito à minuit, tout m’a plu. Et puis au fur et à mesure je me suis rendu compte qu’il y avait des choses marrantes comme le clignotant qui ne sert absolument à rien ici, ou le Tariquet. À l’époque, tout le monde en buvait parce que c’était la mode. Parce que sinon, c’était pas bon. Les tapas, aussi. Ici, on appelle tout tapas : des œufs mimosa, des frites. Du coup maintenant, quand j’ai des potes qui viennent boire l’apéro et que je leur sors des Curly et je dis que je leur ai préparé des tapas. 


Pat : Si on a pu taper très fort sur les clichés du Sud-Ouest, c’est parce qu’ils (Fred&Mélissa) sont arrivés avec du recul, alors que pour nous, les gens d’ici, c’est ancré. Je n’imaginais pas qu’il y avait matière à sketches avec l’apéro, la rivalité avec Bordeaux ou l’Aveyronnais radin. Pourtant, les gens se marrent. Et quand tu les charries pas, comme les Ariégeois dans Toulousain 2, ils sont déçus !


Mélissa : Ça marche parce qu’il y a ici une forte identité. Les gens adorent qu’on leur tape dessus parce qu’ils sont fiers de leur région. 


Pat : Quand on a sorti Toulousain !, en répète, on se marrait mais je ne m’attendais pas à ce que les gens rient autant sur des trucs aussi locaux.

Qu’est-ce qui est drôle dans le Sud-Ouest ?

Pat : C’est haut-en-couleur, tout est démesuré. Les choses peuvent prendre des proportions inattendues. Surtout quand ça touche au rugby ou aux coutumes locales. 


Fred : Les gens du Sud-Ouest, c’est potache. Ils aiment les trucs du genre : « Tiens! tire-moi le doigt j’ai pété, mettre une olive en féria, etc. Et moi, ça me fait marrer.


Mélissa : Ce n’est pas que ça, mais c’est vrai. Une olive en feria, c’est une tradition, moi-même je n’en suis pas fière mais j’en ai mis quelques-unes par mimétisme, pour m’adapter ! Il y a un côté lâcher-prise ici qui mène aux paquito et à l’olive.


Fred : Le gars du Sud-Ouest n’a pas envie de mourir, il a une envie de vivre, de dépasser la nuit, de finir à Victor-Hugo où tout le monde va remettre la sienne. On peut très facilement faire 48 heures de bringue ici. Alors que chez moi, en Vendée, la journée, on travaille. 


Mélissa : Toulouse, c’est grand mais ça reste à l’échelle humaine. On a beau être la quatrième ville de France, tout le monde se connait. C’est ça qui est drôle. Et puis la proximité avec l’Espagne, avec ce côté « ça sent la poubelle chaude au mois d’août », moi, j’aime bien. Ça me rappelle mes vacances d’enfant. 

Caricaturaux ?

Fred : J’ai toujours entendu dire que Toulouse c’était mieux avant. Du coup, lorsqu’il nous arrive de rejouer Toulousain ! 1, on se demande si ça n’a pas trop évolué. Mais ça marche toujours ! Le Shanghaï, tu ne peux pas l’enlever. Idem pour le clip sur l’Andorre. Le Pas-de-la-Case, c’est irréel pour moi. Je l’ai connu avec mon père qui achetait tout quand il y allait : le Sanex, le sucre, etc. Il aurait pu se mettre à fumer tellement c’était pas cher.


Pat : Le sucre, ça c’est génial ! Moi mon père était douanier donc quand on se faisait contrôler en redescendant avec la malle pleine, il disait toujours : « Je suis de la maison ». 

De qui on peut rire le plus ?

Fred : Ce sont les Tarnais qui le prennent le mieux. C’est un peuple qui a une auto-dérision de dingue. 


Mélissa : Eux, ils en demandent toujours plus. 


Fred : On peut aussi beaucoup se moquer des Bordelais qui font l’unanimité ici. 


Mélissa : C’est vrai ça, dès que tu as un trou de texte, il suffit de dire Bordeaux pour que la salle se mette à rire. 


Pat : Comme on pourrait dire caca boudin. Il y en a certains qui ont vraiment une haine contre les Bordelais. C’est impressionnant.


Fred : L’inverse n’est pas vrai : les Bordelais se foutent des Toulousains. 

Les plus susceptibles ?

Fred : Les Ariégeois. Ils ne sont jamais d’accord, ce sont de bons tabanards, des cow-boys. Même si l’Ariège, ça bouge !


Pat : Les Andorrans ont un peu gueulé aussi, après le clip, en disant qu’il n’y avait pas que le Pas-de-la-Case en Andorre.


Fred : Oui mais à ce moment-là, on n’a qu’à dire que tous les couples ariégeois ne sont pas constitués de frères et sœurs…


Pat : Je suis assez étonné de voir qu’il y a aussi peu de personnes qui prennent mal les choses. 

Plus toulousain que les Toulousains ?

Fred : Peut-être parce qu’on aime vraiment cette ville. On a connu Toulouse sans enfants, Toulouse la fête, la belle, Toulouse la night, qui se termine au Shanghaï et à l’Étincelle. Maintenant, on connait Toulouse la Côte Pavée, les parcs, le Grand-Rond, Gruissan à 1h30 pour aller baigner les gamins, le Waligator à Agen, le Parc de la préhistoire à Tarascon. Et ça continue à nous plaire. On ne se dit pas que l’on va aller s’installer à Nantes. 

L’accent

Mélissa : On s’est toujours dit : heureusement qu’à la fin des spectacles on a Pat qui est la caution.


Fred : Il nous fallait un vrai, l’AOC, pour que ce soit crédible.


Pat : Même si, en vrai, je n’ai pas d’accent. Les gens sont d’ailleurs déçus quand ils s’en rendent compte à la fin du spectacle. 


Mélissa : Après, c’est rare les Toulousains qui ont encore l’accent !


Pat : Aujourd’hui c’est vrai. Quand j’ai débarqué en sixième au collège à Rieumes, après avoir passé 10 ans à Paris, j’avais des camarades de classe qui roulaient les r. Et les profs, je ne comprenais rien à ce qu’ils disaient. Cela m’a marqué. 

Pourquoi vous (Fred et Mélissa) ne serez jamais vraiment du Sud-Ouest ?

Fred : Parce que vous ne mangez pas de beurre salé avec le fromage. 


Mélissa : Ouais, mais ça c’est vraiment que chez vous, en Vendée. Je ne suis même pas sûr qu’on en mange en Normandie. Pour moi il y a surtout cette question du « moins » (prononcé moinssss ndlr). J’ai eu des amis qui se sont mis au « moinsssss ». Moi, ça ne me vient pas automatiquement. Et il y a aussi le « À de suite ». 


Fred : Moi je refuse et je refuserai à mes enfants de faire la queue à l’Entrecôte. Je ne comprends pas cette histoire. 


Pat : Moi j’ai des potes qui y vont tous les jeudis midi. 


Fred : Ça m’agace. C’est jaune, c’est noir, c’est hyper éclairé, il y a des frites, et après il faut partir. Je préfère les restos du Sud-Ouest où on ferme les grilles et on passe au digeo. Ça, c’est Sud-Ouest. Jamais ça n’arrive à Paris. 


Mélissa : À part peut-être au bout de la 18e tournée. Ici, tu peux vite devenir un habitué. 


Pat : Au fond, ils ont beau revendiquer des origines d’ailleurs, maintenant ils sont d’ici. 


Fred : C’est vrai qu’à la fin de la finale de coupe de France TFC-Nantes, j’étais pour le TFC…

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