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  • BOUDU

14 questions sur l’eau

Dernière mise à jour : 11 janv.


Les proches dont l’affection nous est acquise sont souvent ceux à qui l’on accorde le moins d’attention. Il en va de même pour l’eau, à ce point présente dans nos vies qu’on en oublie de s’intéresser à elle. D’où ces 14 questions, et les réponses qui vont avec. 


Peut-on boire l’eau de pluie ?

Tout dépend de ce que l’on entend par « peut-on ». On ne risque rien à lever la tête vers le ciel et à ouvrir la bouche quand il pleut comme le font les enfants dans la cour de récréation. En cas de pépin sur le réseau, on peut parfaitement récupérer l’eau d’une averse, la filtrer immédiatement avec un système de filtration ou de traitement de l’eau comme ceux utilisés par les randonneurs en montagne, et se désaltérer. Du point de vue de la loi française, il est interdit de boire ou de cuisiner l’eau de pluie. La France ne reconnaît comme eau potable que celle délivrée par le réseau public, traitée et surveillée en permanence. Les risques de contamination sont nombreux (virus, bactéries, plomb, etc.), et à tous les stades, aussi bien quand la pluie tombe qu’après ruissellement sur les toits et dans les gouttières, ou lors du stockage dans les citernes, qu’elles soient en surface ou enterrées.

La récupération de l’eau de pluie pour tous les autres usages (jardinage, linge, nettoyage, toilettes, etc…) a été assouplie en 2010 par le Grenelle II. Elle autorise l’installation de systèmes domestiques de récupération et de filtration pour ces usages non alimentaires. Pour ce faire on récupère l’eau qui ruisselle sur les toits (compter 100 m2 de toiture pour une famille de 4 personnes) dans une citerne. Un filtre à feuilles retient les impuretés volumineuses à l’entrée de la citerne. À la sortie, on place un filtre de 20 microns minimum (9 idéalement, le minimum pour potabiliser l’eau de pluie avoisine les 0,9 micron), et une pompe pour conduire le tout aux points d’eau choisis.


Pourquoi la neige est-elle encore plus précieuse que l’eau de pluie ?

Si la neige n’est pas plus pure que l’eau de pluie (notamment en milieu urbain où elle ramasse davantage de poussières en tombant), elle demeure plus efficace pour la recharge des nappes phréatiques. En période de redoux, en fondant, elle libère l’eau très lentement, ce qui assure une infiltration graduelle dans le sol et minimise l’évaporation. Autre avantage de la neige, sa disponibilité au bon moment, puisqu’elle libère l’eau au moment où les températures remontent. Elle peut ainsi maintenir un flux de recharge des nappes pendant les périodes les plus sèches. La neige, c’est en quelque sorte de l’eau augmentée. Sa raréfaction en hiver est synonyme d’étés plus secs et de nappes plus basses.


D’où vient l’eau de notre robinet ?

À Toulouse, l’eau provient majoritairement de la Garonne, du canal de Saint-Martory, du lac de la Ramée et de l’Ariège. Après de multiples traitements assurés par des usines de production d’eau potable, l’eau arrive au robinet après avoir circulé dans un réseau de canalisations de 3 331 km.


Combien de temps peut-on vivre sans boire ?

Si l’on peut tenir sans manger un bon mois, il n’en est pas de même sans boire. Le corps est composé en moyenne de 65% d’eau, et perd chaque jour quelques litres en respirant, en transpirant, en fonctionnant tout simplement. Sans eau, l’espérance de vie est donc estimée à 3 jours.


Qui sont les plus gros consommateurs en eau ?

Dans notre région, c’est l’agriculture qui est la plus grosse consommatrice d’eau avec 42%, loin devant l’industrie qui prélève 20% de l’intégralité des ressources. La consommation d’eau potable quant à elle représente 38% de l’ensemble.


Pourquoi les ressources en eau continuent-elles de baisser malgré les précipitations ?

Plusieurs paramètres expliquent ce paradoxe apparent. En se réchauffant sous l’effet de la hausse des températures, l’atmosphère se charge davantage en humidité du fait de l’évaporation. Cette humidité dans l’air finit par se changer en précipitations et devrait logiquement augmenter la recharge des rivières, des nappes et des fleuves. Une étude américaine de 2015 montre pourtant que cette forme de précipitations ne recharge qu’à hauteur de 36% lesdites réserves. Pour ne rien arranger, une autre étude, australienne cette fois, parue en 2018, confirme que les sols excessivement secs absorbent directement ces précipitations pour n’en laisser ruisseler que 36% vers les lacs, les nappes et les rivières. Phénomènes amplifiés par l’évapotranspiration croissante due à la hausse des températures et au mauvais état des sols, notamment agricoles. Inutile, donc, pour enrayer le phénomène, de faire la danse de la pluie pour augmenter les précipitations. Ce serait aussi utile que de passer en rouge carmin la carte de France quand il fait 20°C, comme le font fièrement les services météo de la télé, ou d’ajouter un badge anti climate change sur son profil Facebook. Pour profiter au maximum des précipitations, mieux vaut couvrir les sols pour aujourd’hui, planter des haies pour demain, et des arbres pour après-demain.


Quelle est la consommation annuelle moyenne d’eau par habitant ?

Si la consommation annuelle par habitant, avec 55,36 m3 d’eau (soit 160 litres d’eau potable/jour), à l’échelle de la région Occitanie est proche de la moyenne nationale (54,3 m3), ce chiffre dissimule néanmoins de grandes disparités selon les départements puisque l’on consomme 67,4 m3 dans l’Aude contre à peine 39,4 m3 en Ariège selon les chiffres de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement.


Faudra-t-il à l’avenir supprimer les piscines ?

Que les (heureux) propriétaires de piscines se rassurent, il n’est pas certain qu’on leur demande de la reboucher de sitôt. Avec une consommation estimée de 15 m3 annuels, selon les professionnels du secteur, la piscine ne représenterait que 10% de la consommation en eau d’une famille de 4 personnes. Une consommation comparable à celle des postes de lavage du linge ou de la vaisselle.

Des chiffres néanmoins nuancés par le Centre d’information sur l’eau (Cieau) pour qui l’on serait plutôt entre 50 000 et 80 000 litres d’eau, soit entre 50 et 80 m3. Une chose est sûre, la France, avec 3,2 millions de piscines privées (2e rang mondial par habitant) est très (trop) richement dotée en la matière. Pas sûr dès lors que beaucoup de permis de construire soient délivrés dans les années à venir…


Comment utilise-t-on l’eau au quotidien ?

En moyenne, l’eau est utilisée à 39% pour l’hygiène corporelle, 20% pour les sanitaires, 12% pour la lessive, 10% pour la vaisselle, 12% pour l’entretien du logement, jardin ou voiture, 6% pour la cuisine et seulement 1% pour boire.


Pourquoi l’eau n’a-t-elle pas le même goût partout ?

Le goût de l’eau du robinet peut varier en fonction de l’endroit où elle est puisée et des propriétés des sols et des roches qu’elle traverse. Les eaux très minéralisées, par exemple, ont un goût assez fort. Le chlore est souvent responsable du mauvais goût. Il est pourtant indispensable car il permet de rendre l’eau potable et d’éviter toute contamination lorsqu’elle voyage dans les canalisations jusqu’ au robinet.


Qu’entend-on par « zones humides » ?

Le code de l’environnement définit les zones humides comme « des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire où la végétation, quand elle existe, est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». Ça c’est pour la définition officielle. Stocker l’eau l’hiver et la restituer l’été, ça, c’est le rôle des zones humides. Problème : 87% d’entre elles ont disparu depuis le XVIIIe siècle au profit des activités humaines. Malgré une prise de conscience à l’échelle internationale, les dégradations se poursuivent ce qui implique de préserver l’existant (notamment via des réglementations strictes), le restaurer, voire de recréer des zones humides asséchées. Localement en 2020, le Conservatoire départemental des zones humides a été créé afin de préserver et de valoriser ces milieux si précieux pour l’écosystème. À l’échelle de la région, il reste 35 500 zones humides.


Pourquoi n’y a-t-il aucun projet de méga-bassine en Occitanie ?

Parce que ces équipements qui puisent dans les nappes ne sont adaptés ni à l’hydrographie ni à l’agriculture de la région. Il est davantage question en Occitanie de réactiver d’anciennes retenues collinaires, qui récupèrent l’eau de pluie et de ruissellement. La région est par ailleurs truffée de barrages en montagne, de petites retenues d’eau, de mares et d’étangs.


Qu’appelle-t-on les eaux usées ?

Les eaux usées sont les eaux qui ont été souillées par une utilisation humaine qu’elle soit domestique ou industrielle. Les eaux usées domestiques regroupent les eaux dites grises qui sortent des lavabos, des douches ou de votre lave-vaisselle et les eaux vannes, évacuées quand vous tirez la chasse. Avant d’être rejetées dans un milieu naturel, elles doivent impérativement passer par l’étape d’épuration pour être débarrassées d’éventuels polluants.


Pourquoi ne désalinise-t-on pas l’eau de mer comme en Espagne ?

Interrogée sur le sujet lors de la présentation du plan Eau, la présidente de Région Carole Delga a été catégorique : la désalinisation de l’eau de mer n’est pas à l’ordre du jour en Occitanie. Il faut dire que dessaler l’eau de mer résulte d’un procédé complexe, coûteux… et potentiellement polluant. Dans une interview donnée à l’Indépendant en mai dernier, la vice-présidente du Conseil régional en charge de la transition énergétique Agnès Langevine avait ainsi indiqué qu’il fallait au préalable « des études sur les impacts sur la biodiversité, en raison du rejet des saumures ». Des précautions qui n’ont visiblement pas été prises de l’autre côté des Pyrénées où la plus grande usine d’Europe de dessalement de l’eau de mer, construite près de Barcelone, alimente en eau 20 % de la population locale.

 

Grosso mots d’eau

L’irruption de la question de l’approvisionnement en eau dans l’actualité se fait à grand renfort de termes spécifiques qu’il convient de maîtriser pour comprendre. Si vous pensez « Jean-Pierre » quand on parle de rives, « salle de bain » quand on vous dit « zone humide », si « bassin versant » vous évoque les fuites urinaires, ou si vous ouvrez l’armoire de la cuisine quand on vous demande les différents types de nappes, alors cette page est faite pour vous.


Étiage

Le débit d’étiage est le niveau moyen minimal d’un cours d’eau, à partir duquel on mesure ses crues. Ainsi, lorsqu’on parle de « soutien d’étiage » de la Garonne, on désigne le fait de maintenir les niveaux du fleuve en restituant au fleuve l’eau stockée en amont pendant la saison hivernale.


Nappes

Plus de 60% de l’eau du robinet provient des nappes souterraines. Ces dernières ont logiquement à la surface un sol filtrant perméable, et un niveau imperméable à leur base. Il existe deux sortes. Les nappes libres, dites phréatiques, abritées dans les roches poreuses (sable, calcaire), et les nappes captives, souvent les plus profondes, dans lesquelles l’eau est comprimée à une pression supérieure à celle de la surface.


Bassin versant (bassin hydrographique)

C’est une notion fondamentale car la plupart des actions et réflexions menées sur l’approvisionnement en eau le sont à cette échelle. Un bassin versant, c’est une zone géographique sur laquelle les pluies circulent naturellement vers un même cours d’eau ou une même nappe souterraine. On en compte six en France métropolitaine, qui correspondent aux terres traversées par les grands fleuves : Artois-Picardie, Seine-Normandie, Rhin-Meuse, et les trois sur lesquels s’étend l’Occitanie : Loire-Bretagne, Rhône-Méditerranée-Corse, et Adour-Garonne. Ces grands bassins-versants sont composés de sous-bassins, constitués autour des affluents des grands fleuves. Ces 6 bassins versants sont à la fois des entités naturelles et des divisions administratives, puisque depuis la loi sur l’eau de 1964 voulue par Charles de Gaulle, la gestion de l’eau et sa répartition entre agriculture, industrie et usage domestique, sont pensés à cette échelle.


Zone humide

C’est un terrain habituellement inondé ou gorgé d’eau. Les zones humides jouent un rôle important dans le stockage, l’épuration de l’eau et la régulation des crues. Ce sont des milieux particulièrement propices à la vue, qui concentrent une faune et une flore spécifiques et abondantes. Elles représentent 4489 hectares en Haute-Garonne. La plus emblématique de Toulouse est l’Îlot des Lapins, au sud d’Empalot, qu’on aperçoit de l’autre côté de la Garonne depuis le chemin des Étroits.


Lits

Trois adjectifs qualifient le lit d’une rivière en fonction de son débit. Le lit mineur est l’espace qu’occupe le cours d’eau en temps normal. Le lit moyen celui qu’il recouvre en période de crue, le lit majeur l’espace qu’il occupe en cas de fortes pluies et d’inondation.


Embouchure

C’est le terminus d’un cours d’eau dans un lac, une mer, océan. S’il se jette à l’eau d’une seule traite, on parle d’un estuaire, s’il se ramifie, on parle d’un delta.


À ne pas confondre

Affluent et confluent


L’affluent est un cours d’eau qui se jette dans un autre (l’Ariège est en cela un affluent de la Garonne). Le confluent désigne l’endroit où les eaux de deux cours d’eau se mêlent pour en former un nouveau.


Crue et inondation

La crue exprime l’augmentation du débit d’un cours d’eau. On parle d’inondation lorsque la crue est telle que le cours d’eau quitte son lit.


Rive et berge

La rive désigne le territoire situé d’un côté ou de l’autre d’un cours d’eau. Pour déterminer la rive droite et la rive gauche, on regarde dans le sens du débit. À droite, c’est la rive droite, à gauche, c’est la rive gauche. La berge, quant à elle, désigne le bord d’un cours d’eau, qu’il soit naturel ou aménagé par l’homme.


Amont et aval

L’amont, c’est tout ce qui se situe entre un point donné et la source d’un cours d’eau. L’aval désigne ce qui se situe entre ce point et l’embouchure.

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