Mémoire d’action
- Nathan Heuillet
- 31 oct. 2025
- 6 min de lecture
On commémore ce mois-ci le 107e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918. À Toulouse, la question de la transmission mémorielle se pose avec une acuité particulière en cette année marquée par des actes de vandalisme sur des sépultures. La chose occupe particulièrement Jean-Pierre Mezure, délégué général du Souvenir Français de Haute-Garonne, qui trouve tout de même des raisons d’espérer dans l’engagement croissant des jeunes à ses côtés.

L'horloge affiche 10 heures pile. Le capitaine Mezure, rigueur militaire oblige, trône droit comme un i au 6 rue Lieutenant-colonel Pélissier, siège du Souvenir Français de Haute-Garonne. Assis sur une chaise grinçante, celui qui coule une retraite bien méritée après une carrière dans les assurances, nous dit son attachement à la conservation du souvenir. Né quatre ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce septuagénaire se bat pour la mémoire de ceux qu’il qualifie affectueusement de camarades.
Il n’est qu’adolescent quand il découvre l’histoire de son grand-oncle, déporté puis tué au camp de Sachsenhausen en Allemagne. À cette époque, Hitler remet en place une loi médiévale nommée Sippenhaft : la loi du clan. Elle pénalise n’importe quel membre de la famille si l’un d’entre eux faillit à son devoir de citoyen. « Cela stipule aux familles que l’on ne saura jamais le jour où il a été tué. De cette façon, le clan ne peut faire son deuil. Déjà à cette époque on voulait effacer la mémoire », explique-t-il.
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