top of page

Pas d’amis ? Des applis.

  • Romane GENTIL
  • 2 avr.
  • 6 min de lecture

Dîners entre inconnus, activités en groupe, discussions en tête-à-tête…Les applications dédiées aux rencontres amicales séduisent de plus en plus de jeunes adultes. Entre solitude post-Covid, mobilité accrue et rythmes de vie décalés, elles répondent à un vrai besoin social. Sans pour autant garantir des amitiés durables...


© Arekusu

Lorsque la pandémie mondiale se dissipe, en 2021, la vie sociale de Félix ne reprend pas tout de suite. « Beaucoup de mes potes avaient quitté Toulouse pour rentrer chez eux. Je me suis retrouvé seul. » Le jeune ingénieur informatique ne reste pas longtemps désemparé. « Comme j’utilisais l’application Bumble pour des rencontres amoureuses, j’avais aperçu le mode BFF (Bumble for friends, une option pour rencontres amicales, ndlr), se souvient-il. Ça ne coûtait rien de tester. » Après quelques swipes, il matche avec une utilisatrice « super sympa » qui lui propose de la retrouver dans un bar avec d’autres personnes rencontrées sur l’application. « Ça a bien pris, je me suis fait un bon groupe de potes. »

À l’image de celle-ci, les histoires d’amitié nées d’un clic sont de moins en moins rares, et il existe aujourd’hui une application pour chaque type de rencontre amicale. Pour les non-adeptes des dates (ou rendez-vous en face à face), Timeleft, qui propose chaque mercredi des diners au restaurant avec cinq inconnus, comptabilise 10 000 membres à Toulouse. Ceux qui préfèrent faire connaissance autour d’un tennis, d’un cours de poterie ou d’une expo peuvent utiliser l’application toulousaine Frimake (93 000 utilisateurs) ou Knockk. Qui s’ajoutent aux Boo, Meetup et Club Colette pour les seniors.


Contre la solitude

Mais alors que les applications de rencontres amoureuses font face à une crise de dating fatigue, celles pour se faire des amis sont en plein boom. Pour Anne-Sylvie Pharabod, sociologue chez Orange, les mentalités ont changé. « Il y a vingt ans, on ressentait une sorte de honte sociale à utiliser ces sites, analyse l’autrice de plusieurs études sur les rencontres amicales en ligne. Si vous vous inscriviez, c’est que vous n’aviez pas d’amis. » Aujourd’hui, Éric, membre de Frimake depuis plus d’un an, n’a pas du tout ce sentiment : « Les gens savent à quel point c’est compliqué de rencontrer de nouvelles personnes. Au contraire, certains proches me trouvent même courageux d’oser. » Restaurants, danse, karaoké, l’ingénieur de 32 ans a déjà participé à pas moins de 24 sorties. « Je rencontre des tas de personnes très différentes de moi qui me font découvrir plein de trucs ! », s’enthousiasme-t-il.

Vous souhaitez en lire plus ?

Abonnez-vous à boudulemag.com pour continuer à lire ce post exclusif.

bottom of page