Regain de foi
- Romane Gentil et Héloïse Thépaut
- 5 mai
- 15 min de lecture
À Toulouse, comme dans l’ensemble du pays, les baptêmes de jeunes adultes connaissent une progression spectaculaire ces dernières années. Un renouveau que l’église n’avait pas vu venir.

"Je ne pensais pas le voir de mon vivant. Je croyais, bien sûr, à un retour à la foi, mais pas à si brève échéance », confie l’abbé Paul Roland-Gosselin, curé de la paroisse Sainte-Germaine à Toulouse. Ordonné prêtre en 2020, quelques années après les révélations d’abus dans l’église, il ne s’était « nullement préparé » à faire face à une telle « vague » de jeunes adultes désireux d’embrasser la foi chrétienne. « À mon arrivée il y a deux ans et demi, la paroisse Sainte-Germaine comptait six catéchumènes. Ils sont aujourd’hui 70 adultes à se préparer à recevoir les sacrements du baptême, de la communion ou de la confirmation. » Un essor qui ne s’arrête pas aux portes de sa paroisse. Lors de la nuit de la Vigile pascale, le 4 avril, 310 adultes, dont 42% âgés entre 18 et 25 ans, ont été baptisés au sein des églises du diocèse de Toulouse, soit deux fois plus qu’il y a trois ans.
Du jamais vu
Une déferlante à nul autre pareil, selon le frère Maxime Arcelin, aumônier à la paroisse étudiante de Toulouse et doctorant en histoire : « Un tel phénomène ne s’était encore jamais manifesté, du moins pas sous cette forme ». Pour trouver un épisode similaire, il faut remonter au début du XIXe siècle, au lendemain de la Révolution française qui avait « déchristianisé toute une génération ». De manière comparable, l’engouement actuel pourrait s’inscrire dans le prolongement de « l’éloignement progressif de la foi observé dans les années 60-70 ». « Pendant longtemps, l’église a été perçue comme une institution austère, voire repoussante. Aujourd’hui, la nouvelle génération aborde la question religieuse sans préjugés et avec une forme de bienveillance. » L’abbé Paul Roland-Gosselin établit également un parallèle avec la foi musulmane « assumée, visible et décomplexée ». Tout le contraire de la chrétienté fragilisée par le poids de son histoire occidentale : « Certains jeunes catéchumènes se sont décomplexés au contact de l’islam », confirme l’homme d’église.
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