Quartier : Dupuy
- Oriane Babik
- il y a 7 minutes
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Le quartier Dupuy, c’est l’ambiance d’un village avec la musique de l’Orchestre national du Capitole en fond. Avec ses commerçants réputés et la proximité du Canal, il y fait bon vivre tout au long de l’année.

C’est où ?
Au sud-est du centre-ville, entre Saint-Aubin et François Verdier. Bordé par le Canal du Midi, le port Saint-Étienne en est un lieu phare. Le nom du quartier vient du général toulousain Dominique Martin Dupuy, mort au combat pendant la campagne d’Égypte.

Viva Tolosa !
On ne peut pas la louper ! Au milieu de la place, une fontaine ornementée d’une colonne de plus de 19 mètres de haut, érigée en hommage au général napoléonien. Et au sommet, une statue de « Dame Tholose », allégorie de la Ville rose, réalisée en 1550 par Jean Rancy.

Le joyau musical
Salle de spectacles emblématique de la Ville rose, La Halle aux Grains tient son nom de son activité passée. Cet espace était en effet un marché couvert destiné au commerce de céréales entre le XIXe et le XXe siècle. Les mélomanes peuvent aujourd’hui y assister régulièrement à des représentations de l’Orchestre national du Capitole, qui en a fait son lieu de résidence. Avec ses 2 200 places assises et son acoustique exceptionnelle, elle accueille chaque année de nombreux spectacles.

Réunis par l’amour des viennoiseries
Difficile de ne pas saliver en pénétrant dans cette boulangerie à la décoration moderne et épurée. Les trophées qui garnissent les étagères (meilleur feuilletage de croissant, meilleure galette, etc.) en attestent. Mais La Halle aux Pains, c’est avant tout une affaire de famille. Aujourd’hui à sa tête, Chloé Fressinaud a grandi dans la boulangerie de ses parents. Autant dire que dans le quartier, elle est connue comme le loup blanc. Aussi, lorsqu’elle a repris l’affaire familiale, elle a fédéré celles et ceux qui se menaient une guéguerre bonne enfant des deux côtés de la place. Celle qui fournit le pain à la fromagerie chez Xavier, au café Authier… l’assure : « Ici, c’est les copains ».
Nouvelle peau
Depuis septembre dernier, la boucherie de la place a fait peau neuve. À tout juste 22 ans, Raphaël Martial a repris les rênes de ce commerce. Fils d’éleveur, il a grandi dans « cette culture de la viande, de manger de bonnes choses ». Son jeune âge et la façon dont il « travaille ses pièces de bœuf » ont amené une nouvelle clientèle dans la boutique, un « renouveau à ce lieu qui était sur une fin de cycle ». Pour animer la place, il organise régulièrement, avec d’autres commerçants, des apéros sur leurs terrasses pendant la période estivale, histoire de profiter d’un moment « très convivial où tout le monde se rencontre ».

Plus qu’un espace de coworking
L’espace est difficile à trouver. Derrière de lourdes portes bleues, coincé entre un bar et un supermarché, le 7bis vit à l’abri des regards. « On n’en fait pas la publicité. On veut que cet espace reste confidentiel », explique le propriétaire de l’espace de coworking. Il y a trois ans, Maxime Garrigues a pensé cet endroit comme une « colocation où l’on se sent bien, plutôt que comme un business ». Sur deux étages, les locaux sont intimistes, lumineux et modernes. Cuisine, filet détente sur lequel s’allonger entre deux calls, plantes, musique d’ambiance : tout est pensé pour que les résidents se sentent comme chez eux. Et ça marche, puisqu’un jeudi sur deux, c’est apéro, signe « que les gens ont envie d’être là ».

Culture en danger
Impossible de parler du quartier Dupuy sans avoir une pensée pour le Théâtre du Grand Rond qui fait partie intégrante, depuis 23 ans, du paysage culturel toulousain. Avec sa programmation « tournée vers le jeune public » et ses apéros-spectacles organisés plusieurs fois par semaine, l’établissement a toujours voulu « casser les codes parfois rigides du théâtre ». Chaque année, il voit se succéder 45 000 spectateurs de tous horizons sociaux et de tout âge, qui profitent de tarifs made in Grand Rond : entre six et quatorze euros. En proie à des difficultés financières, il pourrait fermer ses portes à l’issue de la prochaine saison. Une raison (supplémentaire) pour le découvrir avant qu’il ne soit trop tard...



