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- Occitans ?
10 ans après la mise en place de la nouvelle Région, l’heure est venue de faire un premier bilan. Pour mesurer si l’Occitanie est devenue une réalité, nous nous sommes tournés vers des acteurs de différents domaines (culture, économie, gastronomie, numérique, etc.). Instructif. © Rémi Benoit « La vérité, c’est qu’avant la fusion, nous n’avions pas de coopération avec Montpellier. » Cette phrase, dont l’auteur n’est autre que Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, ils sont nombreux à l’avoir prononcée au cours de notre enquête. Pour Sophie Garcia, première présidente du Medef Occitanie, les relations entre les entreprises des deux anciennes régions étaient inexistantes avant la décision politique de marier les deux entités : « Chacun travaillait en silo sans se préoccuper de l’autre. » Tout juste élu à la tête de l’UIMM lors de la fusion, Bruno Bergoend se souvient d’un choc des cultures lors de sa première visite en Languedoc-Roussillon : « C’était deux mondes différents. On s’est un peu regardés en chien de faïence. Il faut bien reconnaître qu’il y a 10 ans, les deux régions n’avaient pas vraiment besoin de travailler ensemble. » Un avis partagé par l’ancien directeur de cabinet de Carole Delga, Laurent Blondiau, pour qui les deux métropoles s’ignoraient ou se méconnaissaient, autour de « beaucoup de clichés, de part et d’autre ». Même son de cloche dans l’univers du numérique, où Amélie Leclercq, directrice générale de Digital 113, né de la fusion le 1er janvier 2019 des réseaux DigitalPlace (Midi-Pyrénées) et FrenchSouth.digital (Languedoc-Roussillon), se souvient d’un écosystème historiquement davantage tourné vers Bordeaux, et de certains chefs d’entreprise « qui auraient préféré un rapprochement avec l’Aquitaine. » À La Mêlée, qui s’intéresse davantage aux usages du numérique, on n’avait pas attendu la fusion décidée en haut lieu pour se rapprocher de Montpellier en créant, dès 2014, une succursale pour pouvoir travailler « à un échelon régional », précise Édouard Forzy, son fondateur. Mais, alors que les débuts sont plutôt encourageants, très vite, la machine se grippe. « On nous a fait comprendre que l’on était un peu trop toulousain, qu’on prenait un peu trop de place. » Loin de jeter l’éponge, l’association qui œuvre depuis plus de 15 ans à la promotion du numérique, persiste en organisant des évènements communs à Narbonne, Carcassonne, ou en mettant en place une nuit des réseaux à Montpellier. Mais, faute de suffisamment de soutien, notamment institutionnel, l’association réduit la voilure en 2019. « La greffe du business, à ce moment-là, n’avait pas trop pris. On voulait bien se voir de temps en temps. Mais chacun faisait son truc de son côté. »
- Les naufragés volontaires
Ils habitent Toulouse, mais leur quotidien se conjugue au fil de l’eau. À bord de leurs péniches, ces « naufragés volontaires » ont délaissé le bitume pour une adresse sans code postal. Rencontre avec une communauté qui a choisi de s’ancrer là où les autres ne font que passer. © Oriane Babik
- Au combat
Le 24 juin 2016, les conseillers de la région issue de la fusion territoriale entre Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées baptisaient la nouvelle entité « Occitanie ». Dix ans après, la présidente Carole Delga se livre à l’exercice du bilan. Où l’État, sans surprise, en prend pour son grade. Carole Delga aux côtés des salariés de Fibre Excellence en mai dernier - © Rémi Benoit Que vous inspire cette décennie aux commandes de la Région Occitanie ? Tout d’abord que je ne l’ai pas vue passer. Ensuite que du chemin a été parcouru. Je dois reconnaître que j’avais quelques inquiétudes au début de mon mandat. Tout au long de la campagne électorale, j’avais pu mesurer le nombre de sujets complexes à arbitrer. Et puis, il y avait le challenge de réussir l’union, c’est-à-dire de créer une dynamique à l’échelle d’une région, alors que certains départements, les Pyrénées-Orientales, le Gard et l’Hérault pour ne pas les citer, pour des raisons différentes, étaient circonspects. Avez-vous le sentiment, sur le terrain, que l’Occitanie est désormais une évidence pour ses habitants ? La présence sur le terrain amène de la lucidité et de la modestie. Soyons honnêtes : ces histoires institutionnelles, ce n’est pas la préoccupation première des gens qui se demandent surtout comment ils vont boucler leur fin de mois. Font-ils la différence entre une Région, un État et un Département ? Je n’en suis pas sûre. Mais quand on se compare, on se console.
- Festivals en Occitanie, Le prix de la liberté
À l’heure où l’inflation et les baisses de subventions imposent une diète forcée aux festivals occitans, c’est toute une armée de bénévoles, de techniciens et de programmateurs qui s’active pour maintenir les scènes à bout de bras. Plongée dans les coulisses de ces festivals indépendants qui se battent pour que la culture reste un bien public. Les Arts Scénics - © Alan Laureau Avec 300 festivals sur l’ensemble du territoire, l’Occitanie est l’une des plus grandes scènes à ciel ouvert d’Europe. Qu’il s’agisse des parcs publics toulousains investis par Les Siestes Électroniques, du cœur du Gard avec Les Transes Cévenoles ou du Tarn où rayonnent Les Arts Scénics, l’impact de ces rendez-vous est immense. Pourtant, derrière la ferveur des projecteurs, la mécanique est grippée. Maintenir un festival indépendant relève aujourd’hui du tour de force, imposant aux organisateurs une bataille quotidienne contre la précarité budgétaire. Face à cette crise, les municipalités se retrouvent, elles aussi, au pied du mur, comme le concède l’adjoint au maire de Lisle-sur-Tarn, Théo Pujolar : « La ville fait tout ce qu’elle peut. Elle ne peut pas faire plus. » La Région, qui finance quant à elle, à hauteur de 1,3 million d’euros, près de 130 de ces festivals, sert de filet de sécurité. ClaudieFaucon Mejean, vice-présidented’Occitanie, rappelle que l’institution agit comme « un partenaire particulier associé aux mairies et aux EPCI (ndlr : établissements publics de coopération intercommunale), une force locale d’appui ».
- Atypique
Assurer une gestion durable de l’eau dans l’ensemble du bassin Adour-Garonne, tel est l’ambitieux défi auquel s’attèle Élodie Galko depuis sa nomination à la tête de l’agence éponyme. Mais qui est cette polytechnicienne, capable de naviguer avec le même bonheur entre cabinets ministériels et groupes privés, qui s’est fait virer de maternelle parce qu’elle ne faisait pas la sieste, rêvait d’être maréchale-ferrante et qui n’hésite pas à dire que l’eau n’est pas assez chère ? Élodie Galko - © Rémi Benoit Le Sud-Ouest, c’est une nouveauté pour vous, n’est-ce pas ? En effet. Je suis née dans le Nord de la France, à côté de Lille. J’ai passé mes premières années à Villeneuve-d’Ascq avant de déménager à plusieurs reprises au gré des mutations professionnelles de mon père chez EDF-GDF, en Normandie puis dans les Vosges. Ces déménagements successifs, comment les avez-vous vécus ? Très mal. À chaque fois, j’avais la boule au ventre et les larmes aux yeux au moment de quitter mes copains. Même si, avec le recul, j’ai le sentiment qu’ils m’ont beaucoup apporté. D’où est-ce que vous vous sentez originaire ? Je suis toujours restée très attachée au Nord parce que toute ma famille est de là-bas.
- Agenda Culturel : été 2026
© Cédric Serres L’été sur son 31 Verfeil, Lasserre-Pradère, Grépiac, Aurignac… Une grande partie de la Haute-Garonne sera visitée tout le mois d’août par 31 Notes d’Été, manifestation culturelle portée par le Département, et désormais en alternance une année sur deux avec « Jazz sur son 31 » (réductions budgétaires, tu connais). Pas question pour autant de réduire la voilure, avec 200 événements en itinérance dans près de 20 communes, une diversité très appréciable (visite du patrimoine, brass band, musique classique, électro, cirque, expos…) et une accessibilité totale puisque tous les spectacles sont 100% gratuits. Alors profitons-en ! Du 1er au 29 août 2026, programme complet sur hautegaronnetourisme.com
- Le Mangeur masqué : été 2026
POTICHE Si comme moi, vous avez votre podologue près de Rangueil, ou tout simplement que vous habitez le quartier, alors vous aurez peut-être constaté la disparition d’un restaurant « comme on n’en fait plus » (avec un nom comme on les aime) : Boules & Grill. Pour le remplacer, Potiche. Un tout autre style : moins familial, plus dans l’air du temps. Façon resto de bord de plage, sans plage. Mais toujours avec des grillades. Allons voir ça… Ce qui me plaisait ENORMÉMENT chez Boules & Grill, et qui heureusement n’a pas disparu : le superbe jardin à l’arrière du restaurant. Taillé pour l’été ! Carte sur table (le soir) : des entrées (asperges grillées, sardines, cœur de canard…) toutes au-dessus de 10 euros, des plats pas donnés non plus, et quelques desserts sur un air classique (madeleine, tarte tatin…).
- Le chercheur : Chasseur d’anomalies
Guillaume Cabanac - © Rémi Benoit
- L'œil d'Opus : Cœur d’artichaut
Parce que la jeune scène musicale toulousaine est foisonnante et qu’elle a besoin d’être soutenue, Boudu vous présente chaque mois, en partenariat avec Opus Musiques, un nouvel artiste. En juillet, Cœur d’artichaut.
- L’heure de gloire
Sauf improbable coup de théâtre, Thomas Fantini devrait succéder, le 11 juin prochain, à Pierre-Olivier Nau à la tête du Medef 31. Une consécration pour ce restaurateur qui se rêvait rugbyman professionnel et qui a su trouver, dans le monde des affaires, une compensation à la hauteur de ses (hautes) ambitions. Mais cette distinction suffira-t-elle à rassasier ce petit-fils de l’immigration italienne et espagnole qui semble prendre un malin plaisir à repousser sans cesse ses limites ? C’est ce que nous avons cherché à savoir. Thomas Fantini - ©Frédéric Scheiber Difficile de ne pas avoir entendu parler de Thomas Fantini tant il est partout, dans tous les réseaux, cercles ou syndicats influents de la ville. Le CFA de Blagnac ? C’est lui. Le Zénith de Toulouse ? C’est lui. L’Hippodrome ? C’est toujours lui. Le Bibent ? C’est encore lui. N’en jetez plus, la liste est aussi longue qu’un inventaire à la Prévert. Aujourd’hui, à Toulouse, le fondateur de la Pergola est incontournable. Et ce n’est pas sa (très) probable élection, le 11 juin prochain, à la tête du Medef qui risque de changer la donne. Membre du conseil d’administration du puissant syndicat patronal, Céline Bon ne l’imagine pas s’arrêter en si bon chemin : « Cette présidence ne sera qu’une étape dans sa carrière. » Mais quelle pourrait être l’étape d’après ? La politique ? La présidente de Prevaly ne l’exclut pas : « Il l’a dans le sang, il sait fédérer. À l’avenir, il y a peut-être un autre chemin qui se dessine pour lui... »
- Le Mangeur masqué : juin 2026
CHEZ INES La jeunesse au pouvoir ! Après des années à ronronner, le paysage gastronomique toulousain se renouvelle ENFIN avec l’arrivée continue de nouveaux chefs, même pas trentenaires. Parmi eux, Iliès Besançon. Tout juste 25 ans, et déjà un sacré parcours, notamment dans des cuisines étoilées. C’est dire si l’ouverture récente de son restaurant « Chez Inès » sur l’iconique place Dupuy a piqué ma curiosité… Coup d’œil depuis la rue pour scruter l’enseigne, et remarquer cette petite annotation : « table de quartier ». Traduction au vu des prix affichés sur les cartes : plutôt huppé, le quartier.
- Moins de jet-lag, plus de TER-roir
Tandis que la France caracole toujours en tête des hit-parades touristiques mondiaux, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) nous rappelle à une réalité plus terre à terre : près de 40 % de nos compatriotes ne plieront pas bagage cet été. Entre une inflation galopante et une pompe à essence qui affiche désormais des tarifs de grand cru, l’heure est à la sobriété forcée... ou plutôt à l’ingéniosité géographique. Car pourquoi s’évertuer à traverser trois fuseaux horaires quand l’Occitanie déploie, à un jet de béret de Toulouse, des panoramas qui n’ont rien à envier aux brochures glacées ? Que vous soyez en quête de fraîcheur sauvage ou de flâneries architecturales, l’aventure se niche parfois juste derrière le prochain coteau. Préparez vos lunettes de soleil : l’exotisme est à portée de TER, et votre banquier vous dira merci. Ariège Halte au feu ! Si, pour vous, l’Ariège se cantonne au triptyque sacré Mas-d’Azil, Parc de la Préhistoire et Carla-Bayle, c’est que vous avez sérieusement besoin d’une mise à jour. La rédaction a rangé les dépliants lustrés et enfilé les chaussures de trail pour dénicher des recoins si planqués qu’on y capte encore la radio des années 80. © Oscar Rodbag - Ariège Pyrénées Tourisme À la croisade ! Plonger au cœur du XIIe siècle sans machine à remonter le temps, c’est possible. Entre Foix et Aguilar, huit châteaux cathares vous attendent pour une bouffée de vieilles pierres et de panoramas vertigineux. À picorer individuellement pour les flâneurs, ou à enchaîner à pied via le GR367 pour les plus courageux. © Fount de Cousteno Mon précieux... séjour ! Envie de plaquer le Mordor pour les Pyrénées ? À Limbrassac, Fount de Cousteno vous offre un aller simple pour la Comté. Ces maisons semi-troglodytes pour 4 marient bois, lumière et déco aux petits oignons. Le bonus ? Une terrasse privée avec piscine pour rincer vos pieds (poilus ou non) face à un panorama époustouflant. On parie que même Gandalf ne voudrait plus repartir ? www.cousteno.fr












