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- Le chercheur : Traqueur de signaux d’eau
Spécialiste du suivi de l’humidité des sols, le physicien Mehrez Zribi, directeur de recherche au CNRS, a reçu en 2023 la médaille d’argent du CNRS pour l’originalité, la qualité et l’importance de ses travaux internationalement reconnus. Il est aujourd’hui directeur de l’Observatoire Midi-Pyrénées, le plus grand observatoire des sciences de l’univers en France.
- Avoir 20 ans au temps du Covid
Croire que tout est possible. Avoir la tête emplie de rêves. Vivre fort, s’émerveiller, se révolter, aimer passionnément. Et plus que tout, être insouciant. Avoir 20 ans, c’est ça. Vraiment ? En partie privés de liberté, d’amphis, de stages, d’emplois… Les jeunes d’aujourd’hui sont-ils une « génération sacrifiée » sur l’autel du Covid ? À quoi ressemblera, pour eux, le monde d’après ? Quelles sont leurs craintes et leurs aspirations ? BOUDU est parti à leur rencontre.
- L’ombre verte
En acceptant de s’effacer au profit de François Briançon pour la mairie de Toulouse, Régis Godec est devenu la pierre angulaire de l’union de la gauche. Mais qui est ce bibliothécaire de 52 ans, préféré à Antoine Maurice par les militants écologistes pour porter haut les couleurs de leur parti, qui pourrait devenir le prochain président de la Métropole dans quelques semaines ? Régis Godec et François Briançon - © Rémi Benoit Chez Régis Godec, le fond prime sur la forme, et ça se voit jusque dans son look, simple et efficace. Gageons que l’homme ne doit pas être du genre à s’éterniser dans la salle de bains, et pas uniquement parce qu’en tant qu’écologiste, il se fait un devoir d’économiser l’eau. Attention néanmoins à ne pas se laisser aller à des conclusions trop hâtives. Si l’homme peut dégager, de prime abord, une impression de froideur, n’allez pas croire qu’il ne ressent aucune émotion. C’est du reste un vif émoi, en découvrant les conséquences du naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978, qui va l’éveiller à l’écologie. « Voir l’ensemble de la côte du Finistère Nord entièrement mazouté, c’est un choc, surtout quand on n’a que 5 ans. » Il ne grandit cependant pas dans un environnement spécialement « écolo », à une époque où, en Bretagne, notamment du côté de Morlaix, « la culture intensive est très développée ». Pensionnaire au lycée agricole, quelques années plus tard, au contact d’enfants d’agriculteurs qui travaillent à la ferme avec leurs parents « dans une logique de reproduction », il découvre la puissance du lobby agricole lors du scandale des algues vertes : « Je vois bien que la conception d’un animal d’élevage ne prend absolument pas en compte la question de la condition animale. Un veau, c’est un animal qu’on va faire grossir pour produire de la viande. Point barre. »
- Le tour des urnes périphériques
En mars, toutes les planètes municipales ne seront pas alignées sur la course au Capitole. À couteaux tirés comme à Muret ou comme dans du beurre à Portet, chaque scrutin mérite d’être scruté. Non pas comme le dernier rendez-vous dans l’isoloir avant l’élection présidentielle de 2027, mais plutôt pour tenter de percer ce que les urnes diront de l’état des liens de proximité des habitants avec leurs élu(e)s. En 2020,à la veille du confinement, la participation avait chuté sous la barre des 50% au premier tour dans toute la France. Une claque pour ces hommes et ces femmes décrit(e)s « à portée d’engueulade »... et parfois de gifles, qu’elle soient physiques ou symboliques ! À Portet-sur Garonne, en 2020, un peu moins de 2000 personnes (30%) se sont déplacées pour reconduire Thierry Suaud à un troisième mandat municipal. À nouveau sans candidat face à lui, le maire sortant (PS) n’apprécie guère les moqueries établissant un parallèle avec la Corée du Nord. « En 2020, j’ai obtenu davantage de voix que tous mes opposants n’ont jamais réunies », fait valoir l’élu de cette commune plus connue pour sa zone commerciale XXL que pour le calme de ses vieilles villas de briques et de galets en bord de fleuve. À 58 ans, il fait campagne dans le noyau villageois comme dans les HLM construites en bordure de l’ancienne route d’Espagne. Objectif affiché : mobiliser « plus de 40% » des 6 600 électeurs inscrits. « Même pour voter blanc ».
- Moudenc, fin de règne ?
Entré au Capitole en 1987 sur la liste de Dominique Baudis, Jean-Luc Moudenc briguera, les 15 et 22 mars prochain un troisième mandat de maire de Toulouse. Saura-t-il convaincre les Toulousains de lui faire confiance pour mener à bien la bifurcation écologique qu’une majorité d’habitants semble appeler de ses vœux ? Rien n’est moins sûr, même si ses opposants de gauche, une nouvelle fois divisés au premier tour, pourraient lui faciliter la tâche… Jean-Luc Moudenc - © Rémi Benoit Dans une époque où le dégagisme a plutôt le vent en poupe, la longévité n’est sans doute plus une valeur cardinale. Et même si Jean-Luc Moudenc assure que les Toulousains qu’ils croisent sur le terrain sont « rassurés de le voir toujours en poste dans les temps incertains que l’on traverse », difficile de croire que le phénomène de lassitude n’atteint pas les rives de la Garonne. Reste que le maire de Toulouse sera bel et bien sur la ligne de départ le 15 mars prochain. À 65 ans, celui qui officie encore au ministère de l’Économie et des finances en tant que contrôleur général se dit toujours aussi passionné par sa ville et l’action municipale. S’il concède volontiers une conversion tardive à la question climatique, il en fait aujourd’hui une arête importante de son bilan, n’hésitant pas à rappeler à l’envi les 100 000 arbres plantés et les nombreuses lignes de vélo créées au cours du dernier mandat. Convaincu que le dynamisme démographique est une « chance » pour la Métropole et que l’arrivée de la ligne C du métro démontre l’attractivité de Toulouse, il considère en revanche que l’arrivée au Capitole de la gauche pourrait remettre en cause « la prospérité de Toulouse ». Une perspective qui l’amène à ne pas ménager ses efforts pour décrédibiliser le programme de ses opposants, n’hésitant pas à ranger dans le même sac le socialiste Briançon et l’insoumis Piquemal dans une formule dont lui seul a le secret, « Un François peut en cacher un autre », et à présenter (caricaturer ?) la coalition de gauche écologiste comme hostile à l’aéronautique et au développement économique.
- Maire, le grand malaise ?
Avec près de 2200 démissions de maires en France depuis 2020 selon une étude menée par le Cevipof et l’AMF, l’élu le plus apprécié des Français dans les enquêtes d’opinion semble avoir perdu de son lustre.À quelques semaines de repasser dans l’isoloir, Boudu a cherché à comprendre ce qui clochait dans les mairies de la région, particulièrement en milieu rural. © Arekusu En 2026, je ne serai pas candidat à ma succession ». Cette phrase, les habitants des communes rurales françaises l’ont entendue plus souvent qu’à l’accoutumée ces derniers mois. Avec une moyenne hexagonale d’une quarantaine de démissions de maires par mois depuis juillet 2020, un niveau historique a été atteint. Et l’Occitanie n’échappe pas à la règle. Si les raisons sont nombreuses et variées, reste que le chiffre interroge. Maire de Tarabel dans le Nord-Est de la Haute-Garonne, Sylvie Vivies n’ira pas au-delà de son premier mandat. « Très honorée d’avoir rempli cette fonction », elle ne se sent néanmoins pas la force de poursuivre son action en raison, notamment, d’un sentiment d’isolement au moment de prendre des décisions. « Je pensais que ça se ferait à plusieurs alors que dans les faits, le maire est vraiment la pièce centrale du village. Il y a une grosse différence entre la première adjointe et lui. » Consciente de ne pas être une « cheffe dans l’âme », elle déplore néanmoins avoir été jeté dans la fosse aux lions sans préparation. « Le gros problème, c’est qu’on prend le poste sans avoir été formé au préalable. On ne sait pas à quoi correspondent les acronymes SDEG, SRADEG ou SCOT. Ni ce qu’est précisément la fiscalité. » Et de se faire le porte-voix d’une secrétaire de communauté de communes, obligée tous les 6 ans d’apprendre les fondamentaux aux nouveaux maires. « Une perte de temps incroyable ».
- Sans appel
Maire démissionnaire de sa commune de Pibrac en octobre 2024, Camille Pouponneau est depuis devenue le symbole du malaise des maires. Désormais installée loin de sa Haute-Garonne natale, l’ancienne benjamine du Conseil départemental a accepté de revenir sur cet épisode douloureux mais aussi de nous livrer sa visionde ce qui dysfonctionne dans nos institutions. Instructif. Camille Pouponneau - © Rémi Benoit D’où vous vient le goût pour la politique ? À la maison, la politique c'était sacré. Les jours d'élections, il était hors de question de faire autre chose que d'aller voter. Et le soir, on avait le droit de regarder l’intégralité de la soirée électorale alors qu’il était très rare que l'on regarde la télé. Quelle enfance avez-vous eue ? Studieuse, avec le syndrome de la première classe qui aime que les choses soient parfaitement réalisées. La réussite scolaire était très importante à la maison. Mes parents, d’origine plutôt modestes, ont progressé socialement grâce à l’école publique et à la République même si c’est un peu galvaudé de dire cela. Reste qu’en CM2, je voulais être présidente de la République.
- Si loin, si proche
En juin 2020, une liste imaginée, composée et menée par des citoyens passait à deux doigts de délogerJean-Luc Moudenc de son fauteuil de maire de Toulouse. Finalement battue par le locataire du Capitole, Archipel Citoyen n’en fut pas moins l’attraction majeure du dernier scrutin. Six ans plus tard, les principaux protagonistes nous racontent comment ils ont vécu, de l’intérieur, cette aventure, près de 20 ans après celle des Motivé-e-s. Maxime Le Texier, lors de la réunion inaugurale d’Archipel Citoyen - © Rémi Benoit Ce dimanche 28 juin 2020, en début de soirée, les troupes de Jean-Luc Moudenc ne cherchent pas à masquer leur soulagement, dans le salon rouge du Capitole, à l’annonce de la réélection du maire de Toulouse. Il faut dire que le coup est passé près. Le dernier sondage, publié une semaine avant le second tour, donnait encore Antoine Maurice, tête de liste d’Archipel Citoyen, en tête. Un scénario pourtant difficilement envisageable six mois plus tôt. Et encore moins trois ans avant lorsqu’une poignée d’énergumènes se réunissent à Brax pour jeter les bases de ce mouvement citoyen. Parmi eux, ce jour-là, il y a François Lépineux. Fraichement élu à la mairie locale, il expérimente, au sein de sa commune, une forme de municipalisme en intégrant les citoyens au débat. À la Métropole, il vient de créer, avec Marc Péré, le maire de l’Union, le groupe La Métropole citoyenne, pour organiser la résistance, en marge des partis. Maxime Le Texier est aussi de cette fameuse réunion à Brax. « Titillé » par l’engagement de son frère au sein de différentes ONG, cet ingénieur aéronautique d’Airbus considère la question climatique « cruciale » depuis la naissance de sa fille en 2006. Le soir, après avoir désigné des cockpits d’avions toute la journée, il tente de soigner « sa schizophrénie » en s’impliquant dans l’associatif. Président d’une AMAP, il s’investit également dans Oxfam où il se retrouve à faire du plaidoyer auprès des candidats haut-garonnais à la députation. Formé sur la thématique des paradis fiscaux par une certaine Manon Aubry, il est frappé par la faible connaissance des dossiers chez une frange non négligeable du personnel politique. Il réalise surtout que pour changer la société, il faut prendre le pouvoir. Commence alors l’idée de s’investir en politique... tout en restant fidèle à ses valeurs associatives, « où vous ne pouvez motiver les gens que par les valeurs et en laissant de l’autonomie. »
- Un air de Famille
En apparence, tout les oppose, ou presque. À ma gauche, Jean-Marie Cadieu, 62 ans, ancienne gloire du Stade Toulousain, patron du restaurant basque Los Piquillos au mitan des années 90, qui se présentera pour la première fois à une élection dans quelques semaines à l’Isle-en-Dodon pour « être utile ». À ma droite Julien Cadieu, 27 ans, pur produit de la génération Mélenchon, plus enclin à manger du tofu que du foie gras, qui figurera quant à lui en 5e position sur la liste de l’insoumis François Piquemal pour « changer radicalement la vie des Toulousains ». Boudu ne pouvait laisser passer l’occasion de les réunir autour de la (bonne) table du J’Go pour parler politique, art de vivre et bourre-pif. Jean-Marie Cadieu et Julien Cadieu - © Rémi Benoit C’est quoi, un bon maire ? Jean-Marie Cadieu : C’est le mec qui est à l’écoute de ses citoyens. Il a été élu pour ça. Et puis qui est courageux, même sur les terrains difficiles. Julien Cadieu : Pour moi, c’est avant tout quelqu’un qui veut changer radicalement la vie des gens. Sinon, tu passes un concours administratif et tu gères le service d’une collectivité. Un bon maire doit aussi être à l’écoute et ne pas prendre les gens de haut. C’est indispensable si on veut restaurer la confiance et montrer que la politique peut avoir des répercussions concrètes. « À chaque fois, on dit qu’il faut se serrer la ceinture. Mais ce sont toujours les mêmes qui se la serrent » Julien Cadieu JMC : Contrairement aux autres élus qui sont perçus comme étant très lointains, le maire reste l’élu le plus populaire de la République. Je pense d’ailleurs que l’on devrait exiger d’avoir été maire pour pouvoir entrer dans un gouvernement. Car si tu n’as pas mis les mains dans le cambouis, tu ne comprends pas quand ça pète de partout. JC : Je pense que la loi sur le non-cumul des mandats est une bonne mesure. Tu ne peux pas à la fois diriger une collectivité et être parlementaire. Et puis c’est bien d’avoir des personnes qui n’avaient jamais été élues de leur vie. Ça représente mieux la population dans son ensemble.
- Le chercheur : Sous le capot des élections
Plateaux de télévision, meetings de tuning, ronds-points des Gilets jaunes : le professeur de sciences politiques et directeur de Sciences Po Toulouse Éric Darras enquête là où la politique se fabrique, en observation et en immersion. Des recherches de terrain qui anticipent les tendances des votes.
- Agenda Culturel : Mars 2026
© Andred Rock en stock Que reste-t-il du rock aujourd’hui ? Un paquet d’albums qui tournent en boucle depuis des décennies, quelques rares groupes légendaires fortement ridés mais encore un peu vivaces. Et puis c’est tout. Ne nous mentons pas : le genre est presque mort. Son palpitant quasi à l’arrêt. Et personne pour le réanimer. Alors autant se remémorer les belles années avec le seul, l’unique, l’irremplaçable Philippe Manœuvre, journaliste musical et mémoire vivante qui a tout vu, tout connu, des Beatles à Bowie en passant par les Stones. À tel point qu’il monte aujourd’hui sur scène, accompagné du guitariste Yarol Poupaud (FFF, Johnny Hallyday…), pour raconter avec sa gouaille sans pareille, une vie en rock et en roll. La sienne, et un peu la nôtre aussi. « Philippe Manœuvre : un enfant du rock raconte », le 19 mars 2026 à Altigone (Saint-Orens), spectacle organisé par MA POULE (Regarts)
- Le Mangeur Masqué : Mars 2026
Alors que le Michelin va décerner ses étoiles le 16 mars, c’est l’occasion de démasquer une table qui brille déjà aux yeux du prestigieux guide rouge. Direction le Tarn et Villa Pinewood du couple Cabrol. Thomas, le chef, et Anne, la sommelière, reçoivent à domicile autour d’un menu d’exception (comptez 130€ en semaine/150€ le week-end) qui sublime leur territoire : celui du Causse et de la Montagne Noire.












